Poème né de ma toute première écriture automatique.
Torpeur du sang
astre entamé
suspendu dans la nuit
me regarde et rit
de moi
de nous tous
comme si nous n’étions
que chameaux boiteux
lion crachant des serpents de pierre
pétrifiés en cactus sous l’étoile de feu
enjambant le vent en travers du chemin
le hibou s’enrichit sur le dos du lézard
enseveli sous les tas de plaies vertes
dans l’ombre du corbeau
noyé dans la cour des ténèbres lumineuses
vérité
des rats
labeur
des hommes
torpeur
du sang

Poème né de ma toute première écriture automatique. !
C’est quoi une écriture automatique ?
L’écriture après avoir fumé un joint ou l’écriture après avoir bu cinq verres de vodka ?😂
Je trouve que je me cite un peu souvent, ces temps-ci ; mais c’est un site de partage, non ?
L’écriture automatique, c’est quelque chose comme ça : https://oasisdepoesie.org/textes-dauteurs/poemes/hermano/heure-me-hante/
C’est quand tu lâches prise complètement et que tu écris tout ce qui vient, sans filtre.
Bien sûr, tu peux faire ensuite quelques retouches cosmétiques.
C’est un procédé largement utilisé par les surréalistes.
Loki… La vie est faite pour s’amuser quoi ! 😉
Merci Hermano pour le partage. J’ai beaucoup aimé votre poème — vraiment.
Merci, Lisière, d’avoir lu et aimé mon petit poème.
Ceci dit, je comprends aussi Loki, et c’est pourquoi j’avais écrit, dans un précédent commentaire (Noce de fiel) que ce procédé ne me déplaisait pas de temps en temps. Je trouve sympathique que mes voisins organisent une petite nouba de temps en temps, mais pas tous les soirs.
C’est comme pour l’alcool : « avec modération » car, si ce que l’on propose reste parfaitement hermétique pour le lecteur (et cela est peut-être le cas pour notre ami Loki), il peut finir par se lasser : il n’a plus d’intérêt à lire et l’auteur n’a donc plus de raison de publier.
Mais… et on le voit dans les commentaires, il reste des amateurs du genre, et qui savent même dire pourquoi !
C’est vrai que ce type d’écriture peut séduire et déclencher certaines émotions, mais pas toujours quand on a été gavé, comme nous pendant nos chères études, par un certain académisme littéraire. Un académisme qui a tout de même engendré quelques chefs-d’œuvre, il faut bien le dire.
C’est pourquoi je plaide pour la modération dans cet usage de l’écriture automatique.
Voici, ci-dessous, ce que j’ai trouvé de mieux au sujet de l’écriture automatique en poésie.
Loki, même si tu ne comprends pas certains poèmes (où il y a davantage à ressentir qu’à comprendre), je suis certain que tu comprendras l’explication ci-dessous.
Et, comme le disait, à bout de forces, un de mes amis ancien prof de maths (c’est dire le sérieux de la remarque !) :
« Faute de le comprendre, je vous demande de l’admettre ! » 😊
Une libération de l’esprit
À la suite des expériences spirites, d’une part, et des travaux psychiatriques de Janet, d’autre part (mais en éliminant les présupposés idéalistes des uns, rationalistes de l’autre), le surréalisme voit le ressort fondamental de la création dans une « dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale » (A. Breton, Manifeste du surréalisme, 1924). Dans la lignée des expériences de Walpole et de Hamsun, et des mots d’ordre de Lautréamont et de Rimbaud, il s’agissait de saisir le fonctionnement réel de la pensée et, en le retranscrivant, de révolutionner la littérature. L’automatisme a des conséquences sur la définition de la « poésie », de sa fonction et sur la notion même de « poème » (« Mes camarades et moi admettions que, de la naissance à la mort, un grand poème s’élaborait dans le subconscient du poète, qui ne pouvait en révéler que des fragments arbitraires », R. Desnos).
Breton a vu dans l’écriture automatique l’instrument d’un « nettoyage définitif de l’écurie littéraire », un moyen de « liquider une succession spirituelle », c’est-à-dire de libérer l’écriture des cadres de la rhétorique et des genres, et par conséquent de toutes les « formes » surannées que la tradition a imposées au discours (« Un poème doit être une débâcle de l’intellect. Il ne peut être autre chose », Breton-Éluard, Notes sur la poésie). Un poème ne doit donc pas avoir de « sujet ». En exploitant l’« automatisme psychique », le discours poétique tend à se détourner du monde extérieur, du récit, de la description : l’« objectivité poétique » (Éluard) consiste à enregistrer le flux des images subjectives. Cette attitude porte en elle les germes d’une libération de l’esprit : « L’écriture automatique ouvre sans cesse de nouvelles portes sur l’inconscient, et, au fur et à mesure qu’elle le confronte avec la conscience, avec le monde, elle en augmente le trésor » (Éluard, 1935).
in : https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/%C3%A9criture_automatique/24382
Merci pour votre retour, Hermano.
Quand j’ai parlé d’“écriture automatique”, j’entendais surtout un lâcher‑prise, pas le procédé surréaliste. Mon écriture suit plutôt un mouvement organique, une densité qui se forme d’elle‑même. Je laisse chacun y entrer comme il le souhaite.
Comme je l’écrivais d’une façon humoristique : l’écriture automatique c’est l’écriture après avoir fumé un joint ou l’écriture après avoir bu cinq verres de vodka ?
J’ai assez de connaissances littéraires, pour savoir que certains poètes ou peintres allaient chercher leur inspiration dans l’alcool ou dans la drogue. Avec le succès que l’on connaît.
Mais ce n’est pas à portée de tout un chacun. Même en fumant, une pipe d’opium, rares, sont les personnes capables d’engendrer par une écriture automatique des choses intéressantes.
Car c’est bien le problème, l’écriture automatique permet de déverser sur le papier des mots. Mais la qualité est rarement au rendez-vous, même en « peignant » ensuite le texte engendré.
Je reste ouvert à l’écriture automatique, en tant que déversoir de problèmes existentiels et donc, comme une méthode thérapeutique psychiatrique.
C’est aussi une façon de s’amuser, il n’y pas mal à ça ! Mais je suis plus circonspect sur la qualité des textes élaborés.
J’avoue que j’ai une certaine aversion pour le surréalisme qui est pour moi de la masturbation intellectuelle.
Mais comme je suis attaché à la liberté d’expression, je laisse à ces auteurs, le droit de s’exprimer ainsi. Mais je revendique aussi la liberté de ne pas apprécier…