Te souviens tu, amour, du soir
Ou l’on s’est quitté sur le Pont des Arts
Tu me récitais Le pont Mirabeau d’Apollinaire,
C’était triste et beau, l’amour flânait dans l’air
Nous allions nous quitter
Paris nous regardait et avec nous pleurait
Chaque mot transperçait nos cœurs
Et nous tuait avec langueur
« Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure »
Tu n’as pas pu finir ces vers
Éclatant en sanglots dans mes bras
C’est un joli mois Vendémiaire
Mais il a crucifié nos bras
Sous le Pont des Arts l’eau coulait
On a ri et on a pleuré
La nuit sur nous est tombée
Et sans un bruit nous séparait, peu à peu et à jamais
Nous nous aimions pourtant si fort
Nous nous aimions tellement, âmes et corps
Mais tu voulais partir
Sachant que nous allions tant et tant souffrir
Sous le Pont des Arts coule aussi la Seine
Ce soir là rimait aussi avec peine
Ma tourterelle de Cana
Pourquoi as tu dénoués nos bras
Nous sommes restés si longtemps enlacés
Le cœur en pleurs, le cœur brisé
Nos larmes coulaient jusqu’à la Seine
Qui les avala sans gêne
Tu es partie sans te retourner
La fin d’un amour, d’un été, les hivers se sont succédés
Sous le pont des Arts coule toujours la Seine
Nina, mon cœur, nous avons eu tant de peine.
Je n’oublierai jamais ces vers,
« Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure »


Bravo à vous pour ces vers tristes de votre séparation. Sous le pont Mirabeau coule la Seine imperturbable de tous ces amoureux et de Guillaume Apollinaire qui laissa aller sa prose pour notre grand plaisir. Clémentine.
Merci à vous Clémentine, oui, quelles que soient les histoires qui se jouent au dessus d’elle, la Seine reste imperturbable et poursuit inexorablement son cours. Même Apollinaire n’a su l’émouvoir.
Le monde est petit et plein de coïncidences !
Ton poème ne peut que me toucher !
J’habite à trois cents mètres du pont Mirabeau où coule justement la Seine.
Je viens d’aller sur la passerelle des Arts pour admirer le pont neuf bien abimé par ses montagnes gonflables.
J’aurais pu penser à toi et ta tourterelle de Cana, mais je ne t’avais pas encore lu !
Et l’algorithme qui gère le site, encore une coïncidence qui n’en est pas vraiment une à associé ton texte à ma nouvelle “
La passerelle“
Décidément le monde est petit et plein de coïncidences !
J’ai pensé un instant que ta nouvelle venait d’être publiée, cela aurait été une coïncidence extraordinaire…Mais le pont des Arts (je trouve le mot plus joli que passerelle) restera à jamais le pont des amoureux. J’y ai laissé une tranche de ma vie, à l’époque, les cadenas n’étaient pas encore de mise, et ils ne le sont plus… mais la vie continue, excepté pour tes deux tourtereaux.
Je vois, Claude que les grands poètes t’inspirent en ce moment.
Je trouve que cette séparation sur le pont des amoureux est vraiment bien évoquée.
D’une façon à la fois paisible et poignante tu narres cette séparation qui dure, qui dure et où l’on sent bien toute l’émotion de ces deux êtres.
Merci Claude !
jusqu’à la seine –> la Seine
… … les hivers se sont succédé –> succédés
Hermano, merci pour ton commentaire,
C’est vrai les grands poètes m’inspirent, dans chacun de leurs poèmes il y a toujours un ou deux vers qui subliment le tout. Cette séparation avec Nina dure, car elle était inévitable et tant redoutée par nous deux depuis des mois. D’ailleurs, il y aura d’autres poèmes avec Nina, mon grand amour de l’époque (lointaine) à Paris.
Merci pour les corrections, j’ai beau relire….