Je suis une ligne de fuitedans la ronde sociale.Je n’ai pas la voixpour les usages du cercle. J’ai parléen vers,en segments nets.On m’a réponduen angles qui grincent. Je ne m’attarde pas.Je laisse ce village,ce petit polygone,à ceux qui s’y alignent. Je reprendsmon souffle,ma langue,ma verticale. Je poursuisma ligne —hors champ.
Instinct du bas chasse effrénée au dessin ultime dessein oubliéd’un organe avide attente d’un oeil qui s’érafle les coudes sur le béton de la beauté tronquée pris dans les ficelles de la barque maintes fois chavirée sur la rive de la promesse chimique on ne saurait faire sien ce qui ne tient pas plus que […]
(tiré du cycle « Anatomie phonétique ») P chapelets et scapulairessectionnés, piétinéséparpillés sur le parvis pureté principespuritanismetemporairement suspenduspour respirer un peu parures, posturespudeur et prétentionsplumées, puis dépecées prêtre, père, pasteursur papiers paumesd’un corps escarpéappuyées —au prie-dieu poutre poussiéreusepoussée, trempéecharpentes éprouvées pulsion — impulsionpulsation — propulsion missionnaire prosternéprouesses prophétiques prières plaintivespsaumes gémissantspercussions spirituellesparadis — septième ciel […]
(tiré du cycle « Anatomie phonétique ») D comme le dictonou le dogmedéboulonnévidédébitérejeté — dans la douve comme le dardfièrement dressédéfiant la duretéde l’ardoise jusqu’à s’édentersur le dos de l’indifférencedigérant difficilementla défaite comme le doigté défaillantd’une ardeur adolescentedansant sur l’illusionde dompter ses déboiresdécorant ses doutesd’une mode sans code comme l’odeur de déjection d’une ode […]
Un corps avance, recule, se heurte. Un vide répond. Quelque chose insiste, revient, se transforme. Cycle corps se heurtant à sa propre altérité face au vide infranchissable protégeant une autre altéritéun autre corps corps acharnéaffrontantconfrontantobstinémentson implacable altéritécontre un vide intraversablerésistance nuevaine tentatived’un corps sourd corps négociant son altérité propre jusqu’au videimpénétrable altérité reconnue corps rencontré […]
Le coude, ce héros(Héros auto-proclamé) Utile.Il le sait. Trop.Et s’en vante à tout vent.Le praticro-pratique,force est de constater –il n’en a jamais franchi le seuil. Arméd’un seul pli,sans mystère.Bien peu articulé,pourtant nommé articulation.Plier, déplier, plier –en dehors de cela,il ne sait que faire. Chaud ?Humide ?Enveloppant ?Il n’en est rien.Faire cracher la plume,y parvient-il ?Rarement.Jamais […]
Temps malade temps qui s’échapped’un boulier rendu maladeforcé de plaireaux velours des songes asticot sans espoir ni but ni motivationroulé dans la farinedes dogmes brisés chaque train que l’on empruntese taille un vaisseaude chair restituée illettrisme du sens qui s’envoles’étiolantau vent secdes grands pins remise des pendules aux demi-heuressans émettre de lumièresur mon rituel
Poème né de ma toute première écriture automatique. Torpeur du sang astre entamé suspendu dans la nuit me regarde et rit de moi de nous tous comme si nous n’étions que chameaux boiteux lion crachant des serpents de pierrepétrifiés en cactus sous l’étoile de feuenjambant le vent en travers du chemin le hibou s’enrichit sur […]
Noce de fiel Fêlure d’un temps souillé,rouille d’un futur ostensoir déserté,cambrure du temple silencieusement brisée. Mentir sur les issues de la chair,caresser l’élan d’un amour perfide,là où la prière s’étouffeet la lumière se mutile. Cartographie de l’esprit d’une chaste ogive,d’une voûte crispée. Noce de fiel.Danse putréfiée.Fumure des grands jours.
Creuser un choixune visionun rien portière du temps encombré d’une cohabitation des vents astraux sacrifice d’une lucidité trempée dans le cratère des mômes pustules du vrai crudité curativevaut mieux que ça pueque ça ne sente rienparce que la fadeur ne résonne qu’avec l’ennui là où mastiquer l’oxymoren’a pas sa placelà où il vaut mieux se […]
Scories de fadaise en foutaisele malaise s’installeles mots s’effritentles oreilles s’écorchent la parole jouitde se ouïr les pensées trébuchentles phrases s’embourbent les mots se videntles oreilles s’emplissent de scories lorsque rimerne rime plus à rien la vérité toute nuene peut naîtrede discours trop habillés
