Cette nuit-ci , j’ai fait un rêve fantastique :
détenant lieutenance divine expresse (si..si…figurez-vous !) , j’ai usé de ce pouvoir providentiel pour me métamorphoser à loisir …
en mage
en sage
mythifiés
en luth
en lyre
magnifiés
en lois
en Bien
codifiés
en guerre
en Mal
momifiés
en terre
en mer
pacifiés
en diable
en djinn
crucifiés
Et j’en passe de ces métamorphoses dont chacune dépasse l’autre en fantasme surréel…
Ah ! celle-ci encore pour clore en beauté ce délire nocturne ô combien délicieux :
en Muse
en rime
déifiées…
Atlassi
1er Aout 2026

Ah le rêve quel pays mystérieux !
La réalité semble être parfois le cauchemar de ce monde idyllique…
Ce poème offre une plongée rythmée et ludique au cœur de l’imaginaire nocturne. Dès l’ouverture, Atlassi tu installes une complicité amusée avec le lecteur (« si..si…figurez-vous ! »), balançant la toute-puissance de la « lieutenance divine » par un ton ironique et décalé.
La force de ton texte repose sur sa structure en cascades, construite sur des paires de mots suivies d’un participe passé rimé (magnifiés, codifiés, pacifiés…). Cette mécanique anaphorique insuffle un mouvement hypnotique, traduisant la fluidité propre au rêve où tout se transforme instantanément :
Le sacré côtoie le profane (mage, sage / diable, djinn).
Le cosmos s’apaise (terre, mer pacifiées).
La création littéraire elle-même s’incarne (luth, lyre / Muse, rime).
En se concluant sur la déification de la « Muse » et de la « rime », ce « délire nocturne » se révèle être une véritable célébration du pouvoir de la poésie : un espace surréaliste où l’esprit s’affranchit de toutes les limites pour devenir, le temps d’un rêve, le démiurge de son propre langage.