Je sens le vent m’emporter,
Loin de cette terre abîmée,
Je n’ai plus besoin de lutter,
Ni même de continuer.
Mes pieds quittent doucement le sol,
Et quelque chose en moi s’envole.
Je regarde le monde s’éloigner,
Comme un souvenir déjà fané.
Je traverse les nuages sans bruit,
Je laisse derrière moi mes nuits.
Mes peurs disparaissent dans le ciel,
Et mes larmes deviennent irréelles.
Je cherche enfin cet endroit rêvé,
Celui où rien ne pourrait me blesser.
Une terre sans chagrin, sans douleur,
Un monde où ne demeure aucune peur.
Je deviens légère, presque invisible,
Comme une âme devenue paisible.
Je ne suis plus qu’une ombre dans le ciel,
Un fantôme porté par mes ailes.
Et maintenant que tout s’est éteint,
Je comprends qui me tenait la main :
Celle que j’attendais depuis si longtemps,
La Mort, venue m’emporter doucement.
