Un loup fort morose
S’ennuyait dans sa chaumière
Il passait du temps à voyager
Sa route était longue
Et sur son destrier
Il tenait la cadence
Ce loup avait trois filles
Jolies et divinement intelligentes
Joueuses et malines
Sa vie semblait bien rangée
Malgré quelques excès
Il avait le coeur brisé
L’âme triste
Et il ne savait plus comment faire
pour rendre
Sa vie plus gaie
En ajoutant ses conquêtes
Il séduisait il souriait
Il avisait il osait
Il s’abreuvait de tout liquide
Aux pouvoirs éphémères
Il vit une pauvre crevette
Qui passait par la
Toute décortiquée
Par la vie
Par les échecs
Et se prit de pitié pour elle
Il en fit sienne pour un temps
Pour jouer gentiment
Ce pauvre loup était perdu
Dans sa tête trop pleine
De tourments
Il décida d’y mettre du piment
Pauvre crevette qui fut
Eprise de ce loup
S’en suivit une histoire
Qui dura deux années
Le loup était bien triste
Sa vie aussi ..
Un beau soir de novembre
Il fut convié à une soirée mondaine
Ou il tomba sous le charme
D’une belle louve blanche
Qui n’avait rien d’une louve farouche
Au pelage délicat
A la plume facile
Au verbe haut
Qu’il en oublia son passe
En proie avec la crevette
Dont il se résolu a se débarrasser
Cherchant mille excuses
Avouant sans détour
Qu’il fallait mettre un terme
A leur relation
Il ne savait comment s’y prendre
Et trainait la patte , la queue entre les jambes
le museau bas
La crevette pleura pendant
Cent jours et 100 nuits
Cherchant à se venger
Proférant menaces et insultes
Vers un dialogue dont sa rivale
Se mêlât
Avec quelques mots bien sonnes
En termes élégants
Défendant bec et ongles son territoire
L’invitant expressément
A les laisser tranquille
Et a vivre sa vie
Il lui fallut oublier le loup
Qui a présent
vit un bonheur parfait
Dans quelque vie parallèle
Ou monde lointain
Aux cotes de sa louve
