Il y a le noir,
Métallique des berlines de luxe qui se pressent les soirs de gala
Granuleux du cuir des sacs à main balancés nonchalamment
Satiné des smokings et robe de soirée aux cocktails mondains
Pailleté des trottoirs d’asphalte éclairés par les réverbères
Fluide de l’encre qui remplit les carnets du poète
Amer du café dans sa tasse posée sur le zinc du bistrot
Gourmand du chocolat amer déposé à côté du café
Vitreux de l’obsidienne des hommes des premiers âges
Visqueux du pétrole tant convoité dans les déserts de l’Orient
Gras du charbon qui chauffe et éclaire dans l’obscurité
Soyeux de la panthère dont les yeux luisent au cœur des ténèbres africaines
Velouté du crêpe des dais et des catafalques
Et il y a le noir froid et vide du trou sidéral qui nous hypnotise et nous attire avec au bout la question ultime :
Qu’y a-t-il au bout du noir ?


J’aime beaucoup ce poème offrant une exploration riche et nuancée de la couleur noire, déclinée à travers diverses textures et symboles. Chaque image évoque une facette différente, mêlant élégance, mystère, et profondeur, jusqu’à culminer dans la représentation du noir cosmique, source d’interrogation existentielle. Par cette approche sensorielle et métaphorique, le texte invite à réfléchir sur la complexité et la dualité du noir, oscillant entre beauté tangible et insondable énigme.