Il y a le noir,

 

Métallique des berlines de luxe qui se pressent les soirs de gala

Granuleux du cuir des sacs à main balancés nonchalamment

Satiné des smokings et robe de soirée aux cocktails mondains

Pailleté des trottoirs d’asphalte éclairés par les réverbères

Fluide de l’encre qui remplit les carnets du poète

Amer du café dans sa tasse posée sur le zinc du bistrot

Gourmand du chocolat amer déposé à côté du café

Vitreux de l’obsidienne des hommes des premiers âges

Visqueux du pétrole tant convoité dans les déserts de l’Orient

Gras du charbon qui chauffe et éclaire dans l’obscurité

Soyeux de la panthère dont les yeux luisent au cœur des ténèbres africaines

Velouté du crêpe des dais et des catafalques

Et il y a le noir froid et vide du trou sidéral qui nous hypnotise et nous attire avec au bout la question ultime :

Qu’y a-t-il au bout du noir ?