Te souviens tu, amour, du soir
Ou l’on s’est quitté sur le Pont des Arts
Tu me récitais Le pont Mirabeau d’Apollinaire,
C’était triste et beau, l’amour flânait dans l’air
Nous allions nous quitter
Paris nous regardait et avec nous pleurait
Chaque mot transperçait nos cœurs
Et nous tuait avec langueur
« Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure »
Tu n’as pas pu finir ces vers
Éclatant en sanglots dans mes bras
C’est un joli mois Vendémiaire
Mais il a crucifié nos bras
Sous le Pont des Arts l’eau coulait
On a ri et on a pleuré
La nuit sur nous est tombée
Et sans un bruit nous séparait, peu à peu et à jamais
Nous nous aimions pourtant si fort
Nous nous aimions tellement, âmes et corps
Mais tu voulais partir
Sachant que nous allions tant et tant souffrir
Sous le Pont des Arts coule aussi la Seine
Ce soir là rimait aussi avec peine
Ma tourterelle de Cana
Pourquoi as tu dénoués nos bras
Nous sommes restés si longtemps enlacés
Le cœur en pleurs, le cœur brisé
Nos larmes coulaient jusqu’à la seine
Qui les avala sans gêne
Tu es partie sans te retourner
La fin d’un amour, d’un été, les hivers se sont succédé
Sous le pont des Arts coule toujours la Seine
Nina, mon cœur, nous avons eu tant de peine.
Je n’oublierai jamais ces vers,
« Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure »


Bravo à vous pour ces vers tristes de votre séparation. Sous le pont Mirabeau coule la Seine imperturbable de tous ces amoureux et de Guillaume Apollinaire qui laissa aller sa prose pour notre grand plaisir. Clémentine.