Mon mépris pour ce rêve, refusant toute trêve.
Je me sens révoltée en gardant mon courroux,
Car l’astre du matin était bien devant nous.

Vénus ou Lucifer, d’erreur en traduction,
D’un porteur de lumière nous créons un démon.
Nous passons des croyances à l’ignorance crasse.
Je blasphème en substance, il me faut plus de place.

Ésaïe* nous l’a dit, alors il faut le croire.
Quelle folie malsaine que se dire savoir,
 L’âme à jamais perdue et l’esprit sans sa perche.
Je fuis celui qui sait, je suis celui qui cherche.

  • Note : Le verset d’Ésaïe 14 :12 parle de l’étoile du matin, ou Helel en hébreu, qui signifie “l’astre brillant”. En latin, Saint Jérôme a traduit ce mot par Lucifer, qui veut dire “porteur de lumière”. Au fil du temps et des interprétations allégoriques, ce symbole de lumière est devenu, pour beaucoup, le nom du diable. Ce poème explore cette ironie : comment un malentendu et des traductions approximatives peuvent changer la nature d’un mot, et comment les croyances peuvent déformer la vérité.

Gilbert