Je vois les souvenirs de mes anciennes vies.
Je sais l’éternité, pourquoi je n’ai pas d’âge.
Je vois toutes mes morts, et voilà qu’aujourd’hui
Je sais mes lâchetés, mes excès de courage.

Mais toutes ces pensées ne sont que dans ma tête.
Ces anciens souvenirs sont-ils pure invention ?
Je me sens plus serein, sans rêves je végète.
Je veux croire en ces vies, volonté et passion.

Bien sûr, ma coupe est vide, alors je la remplis.
Des univers entiers résonnent au fond de moi.
Ils existent, ils sont là et comblent mon esprit,
Mon imagination, sans contraintes ni lois.

Les douleurs ne sont rien, qu’un moment qui s’enfuit.
Il ne reste que soi, nourri de cicatrices.
L’âme à jamais repue, qui fait ce que je suis,
Que ces douces errances jamais ne se tarissent.

Et je vois ce bateau où j’étais capitaine.
Je me vois moitié nu et chassant le bison.
Je suis aussi seigneur, dominant mon domaine,
et condamné à mort, pleurant dans sa prison.

Je vois loin, je respire, je veux de tous qu’un seul.
Je suis un magicien et le seul spectateur.
De ces vies magnifiées à ces tendres linceuls,
Car de ces existences, je suis le créateur.

Quand je ne serai plus, j’existerai ailleurs,
Dans un monde inventé, il est là, je le sais,
Puisque je l’ai créé en le rendant meilleur.
Voila ma vérité et ma réalité.

Gilbert, corrigé par Hermano.