Quelle est donc cette ère où des oiseaux aptères
tournent autour de leur proie ô combien réfractaire ?
Des écailles de ciel tombent dans un fracas,
en maudissant la lune dans son plus bel éclat.
Des volcans éructant leurs plus vieux souvenirs,
nous content leur passé pour mieux s’épanouir.
La Terre, en hurlant, abhorre les bipèdes,
mais nous parle, nous exhorte de venir à son aide.
Miroirs, face cachée, ignorant le réel,
sentence d’allégeance aux plus caractériels.
Des démons maléfiques aux têtes de traders
maquillent nos espoirs pour mieux faire leur beurre.
Le phénix fatigué n’est plus qu’un tas de cendres,
mais on finira bien par écouter Cassandre.
De fébriles instances de l’œuvre inavouée,
mal être de nos âmes, prêtes à tout divulguer.
Des oripeaux en flammes pleurent leurs souvenirs
d’un temps où devant eux, il y avait l’avenir.
Aujourd’hui est hier tout comme il est demain.
Le temps non linéaire ne suit pas un chemin.
Et toujours ces miroirs qui ne veulent rien voir,
qui trompent nos espoirs, ne veulent rien savoir.
Au-delà l’horizon qui courbe notre vue,
nous marchons à tâtons car nous sommes perdus.
Ces mots sont comme une arme protégeant mon esprit,
de tout ce qui me mène au bord de la folie.
Je combats, je m’acharne, je ne veux plus pleurer.
Je veux bien rire aux larmes sachant la vérité.
Car moi, je tourne en rond dans mon esprit fébrile.
Je suis la marionnette de ce crayon débile.
Et je n’y suis pour rien, soyez-en mes témoins.
Gilbert

Une fois encore Gilbert tu exprimes la rage qui bouillonne en toi !
Le papier est l’exutoire par lequel tu déverses avec ta plume le trop-plein d’énergie interne.
Je suis la marionnette de ce crayon débile.
Grâce à toi, mon vocabulaire s’enrichit et je découvre le mot « aptère »
Quelle est donc cette ère où des oiseaux aptères
tournent autour de leur proie ô combien réfractaire ?
Mais l’empêcheur de tourner en rond qui sommeille en moi ne peut se retenir, de se demander si le remplacement du vol d’un vautour ou d’un aigle par une autruche n’est pas un peu, terre à terre ? (Un jeu de mots involontaire…)
Des volcans éructant leurs plus vieux souvenirs,
Je pense que par ces vers tu fais référence à la chanson de Jacques Brel !
Et je n’y suis pour rien, soyez-en mes témoins.
Je veux bien être ton témoin, mais comme dit la loi : Testis unus, testis nullus
Pour terminer ce modeste commentaire, je ne peux m’empêcher d’associer ton poème à deux poèmes primés en 2025 au concours de poèmes de la RATP.
Quand j’ai une pointe dans le cœur
Je la retourne
J’écris
La violence est une faute de frappe
Poings à la ligne.
Merci, Loki, pour ton commentaire.
J’ai appris l’adjectif “aptère” dans un roman de Conan de Robert E. Howard, au sujet d’une forme de dinosaure. De nos jours, il n’y a pas d’oiseaux strictement aptères. Même si les autruches ne volent pas, elles ont quand même des ailes, tout comme l’émeu ou le kiwi.
Je sais que, dans certaines définitions, on les considère comme “aptères”, mais étymologiquement, aptère vient du grec a- (privatif) et pteron (aile), ce qui signifie littéralement “sans ailes”. En l’écrivant, je pensais donc à des dinosaures, ancêtres des oiseaux. Bien sûr, dans mon esprit, ces “oiseaux aptères” sont certains êtres humains qui profitent de la faiblesse d’autrui.
Quant aux volcans, je n’avais pas fait le rapprochement avec la chanson de Brel. Étant originaire par mon père d’un village sicilien à 22 km de l’Etna, je sais que lors des éruptions volcaniques, ce qui sort du volcan est ancien et vient du cœur de la Terre en ébullition. Je trouvais poétique le fait que ce qui vient du passé puisse faire grandir le présent, ou que le passé enfoui rejaillisse un jour et que l’affronter nous fasse du bien malgré la douleur que cela peut engendrer.
J’ai beaucoup aimé les deux poèmes auxquels tu as associé mon texte. Merci.
Un texte poétique émaillé de quelques pépites pour moi :
« Le phénix fatigué n’est plus qu’un tas de cendres,
mais on finira bien par écouter Cassandre ».
« Des oripeaux en flammes pleurent leurs souvenirs ».
Les mots coulent bien et les images défilent agréablement, sans que j’en saisisse pourtant vraiment toujours le sens. Il reste en filigrane dans ma tête ce miroir qui ne peut ou ne veut voir, qui ne peut ou ne veut savoir (ça rime bien avec miroir, hein !?).
Et alors, oui, s’il le faut, je viendrai témoigner !
Allez, pour en rajouter une petite louche, je dirais que ce texte m’amène à penser au « Cri » de Munch, que je vois comme un miroir hurlant qui se bouche les oreilles. Et, à votre tour, vous pourrez venir témoigner que je reste marionnette.
“Merci beaucoup Hermano pour ce commentaire. Je sais que, quand tu emploies le mot “pépite”, c’est que tu as particulièrement apprécié le vers, et j’en suis ravi ! Je te remercie de bien vouloir témoigner. Je te mets sur la liste !
Quant au “Cri” de Munch, je n’avais jamais fait le rapprochement avec ce qui traîne dans mon esprit, mais tu as mis le doigt sur quelque chose : ce tableau m’a effectivement toujours intrigué et intéressé sans que je sache pourquoi. Ce que tu écris est une véritable révélation pour moi !
J’ai justement un ami musicien professionnel qui me propose d’utiliser mes poèmes pour en faire les paroles de ses chansons.
Sais-tu que de nombreux groupes de hard rock se sont inspirés de poèmes ou de romans pour leurs textes ? Metallica avec Hemingway et Lovecraft, Celtic Frost avec “Tristesse de la lune” de Baudelaire (Sorrows of the Moon), ou encore à Iced Earth avec l’œuvre de Dante Alighieri. Ce projet pourrait ressembler un peu à “La Dama Negra”. Je sais que tu n’apprécies pas particulièrement cette musique mais je serais présent pour les calmer. Et puis j’ai Vingt ans de plus qu’eux et une autorité naturelle 🙂
J’aimerais beaucoup avoir ton avis sur cette idée ! C’est vraiment important pour moi.“
@Gilbert : tout ce que je peux dire c’est qu’effectivement les oeuvres d’art en général sont souvent inspirantes pour d’autres créations, par exemple souvent, lors des ateliers d’écriture, nous pouvons laisser libre cours à notre inspiration et à notre imagination à partir de tableaux ou de musiques…, et pourquoi pas même essayer des sculptures ou l’architecture de certains monuments (je recommande La sagrada familia, le temple d’Ankor, le Centre Pompidou ou le Pont des soupirs !).
Tu en trouveras d’ailleurs sur ce site, et je me souviens en particulier que notre amie Tanagra ne s’est pas privée de déposer ici quelques poèmes inspirés de tableaux de maître ou de sculptures bien connues.
Quant à ton projet, j’avoue ne pas avoir d’avis.
Je me dis que si tu le sens, faut le faire, et je me dis aussi que tu peux te mettre du hard métal à fond les amplis et commencer à écrire quelque chose ; tu sera probablement étonné du résultat, qui sera – ou pas – apprécié par d’autres. 🙂
Une certaine puissance se dégage de tes vers.
Tout cela me semble inspiré, fort, et assez désespéré :
Des oripeaux en flammes pleurent leurs souvenirs
d’un temps où devant eux, il y avait l’avenir.
Pour se protéger des forces maléfiques reste donc l’écriture :
Ces mots sont comme une arme protégeant mon esprit,
de tout ce qui me mène au bord de la folie
Je pense comme toi que l’écriture est un formidable exutoire propre à calmer un peu notre désespoir face à l’évolution d’un monde qui semble prêt à se précipiter dans l’abîme.
Quoiqu’il en soit si ton ami musicien te propose de mettre tes poèmes en musique, accepte. J’ai la chance d’avoir moi aussi un ami qui l’a fait pour des paroles de chanson qui sans lui étaient destinées à rester orphelines, c’était juste une sorte de jeu tout à fait stérile étant moi-même incapable d’aligner deux notes de musique. Cela change tout et tu verras que tes vers gagneront un supplément de vie et d’épaisseur, comme une sorte d’envol.
Je te remercie, Chamans, pour ton commentaire. Effectivement, j’ai très envie de faire des textes de chansons.
Il connait mes poèmes, les a fait lire aux autres musiciens de son groupe et, à l’unanimité, ils veulent que j’écrive pour eux. Ils font du Hard Rock et cherchent des textes comme les miens qui sortent un peu de l’ordinaire.
Ce sont quand même des musiciens professionnels, intermittents du spectacle. Ils ont joué pour Catherine Lara, Patrick Bruel et d’autres en studio. Ils ont même fait la première partie de U2 en tournée en France.
Il faut que je dépose mes textes à la SACEM et que je travaille avec eux pour intégrer la musicalité du texte à la mélodie. Mon problème, c’est qu’il me reste encore deux ans avant ma retraite d’artisan. Mais la passion avant tout ! Je ne veux pas de regrets.