Le plus ancien poème connu à ce jour a été écrit par la prêtresse mésopotamienne Enheduanna, fille du roi Sargon d’Akkad, au XXIIIe siècle av J.C. Rédigé en cunéiforme sumérien, ce texte a été découvert par l’archéologue britannique Sir Leonard Woolley en 1922 lors de ses fouilles de l’ancienne cité d’Ur, dans l’actuel Irak. Enheduanna est non seulement la première poétesse de l’histoire dont le nom nous soit parvenu, mais elle est aussi considérée comme la première auteure au sens moderne du terme.
Un hymne à la déesse Inanna
Ce poème est un hymne puissant dédié à la déesse Inanna, l’une des figures les plus importantes du panthéon sumérien. Inanna était une divinité complexe qui représentait à la fois l’amour et la guerre, mais aussi la justice, la fertilité et le pouvoir politique. Enheduanna a utilisé sa poésie pour invoquer la protection de la déesse et pour affirmer son autorité spirituelle. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’intégralité de l’hymne a été traduite et est disponible pour les chercheurs. Le poème est particulièrement célèbre pour ses images frappantes et son langage riche, ce qui témoigne d’un niveau de sophistication littéraire remarquable pour l’époque.
L’exaltation d’Inanna
Reine du ciel, héroïne,
Tu as le cœur rempli de puissance !
Tu es la gardienne des pouvoirs divins,
Le souffle de la vie.
Tu as le pouvoir de donner ou d’ôter,
De donner la vie et la mort.
Ma Dame, la plus grande du ciel et de la terre,
Ton nom est vénéré.
À ton service, je suis entrée
Dans le temple sacré.
Moi, Enheduanna,
La prêtresse suprême.

Décidément, ils avaient de la classe, il y a 2500 ans !
Ils trouveraient que nous sommes devenus vraiment dégénérés, s’ils lisaient les paroles de certains raps !
C’est incroyable ! Ça remonte au 23e siècle avant J.-C., il y a plus de 4 300 ans. C’est un laps de temps énorme.