Je les voyais partir sur des routes bien droites,

Certains de leur parcours, avec de l’assurance.

Moi, je ne voyais rien, les pieds et les mains moites,

Le doute dans le cœur, l’esprit en dissonance.

Je lisais beaucoup trop, loin de la réalité,

Mes lectures étaient vraies, mes journées étaient rêves.

Mon père m’a donc dit : « Tu vas prendre la pelle,

Tu vois ce tas de sable ? Je veux que tu l’enlèves.

Œuvre dans le silence et ne te plains jamais. »

Mais ma soif de savoir était grande, immense.

Comment lire encore, lorsque on est fatigué ?

 On s’endort épuisé, une page en errance.

J’ai voulu prendre alors un chemin de traverse,

Trouver un équilibre entre ces deux options.

Ce chemin est sur terre, sujet à des averses,

Alors j’ai attendu, cherchant la solution.

Et en prenant de l’âge, je n’étais plus le même.

Tellement soif des livres, déshydraté des mots,

je pris la décision, de faire ce que j’aime,

D’accepter le défi, même avec mes défauts.

J’ai recherché Calliope, j’ai pris de la hauteur.

Avec sincérité, toujours un peu rebelle.

Je voyais beaucoup mieux, sans soucis et sans heurts.

Laissant courir mon âme, là, sur la passerelle,

écoutant les conseils, corrigeant mes erreurs.

Plus de murs, plus de boue, grâce à la passerelle.

                                                             Gilbert