Souple comme l’empreinte d’un grand pouvoir divin,
Attaché à l’étreinte de ce qui me retient,
Sans pouvoir exprimer, sans comprendre le beau,
Aurore du matin, éclairée au flambeau.
Savoir sans savoir, en retirer le suc,
Dans cette obscurité, le pouvoir d’un grand duc.
Et s’enivrer du temps, s’enivrer du langage,
Aux confins de son soi, aux portes du sans âge.
Miracle du non-sens, de l’inconscient secret,
Bien plus fort que le doute, tout devient vérité
Lorsqu’on ouvre les portes, en espérant jaillir,
En laissant tout entrer pour pouvoir tout sortir.
L’abscons est secondaire, tout devient ressenti,
Je laisse parler l’autre, celui qui est enfoui.
Un miroir inversé, la traversée d’Alice.
Paysage inconnu où je ne suis plus moi,
Un bizarre bien-être que je ne connais pas.
Les fleurs de mes pensées ont changé de couleur,
Mes blessures d’antan ont changé de douleur.
Portes ouvertes en moi, où je n’allais jamais,
Car je ne savais pas que portes il y avait.
Gilbert

Comme je l’ai souvent répété dans mes divers commentaires, je suis un handicapé de la poésie !
Tel un aveugle devant un beau paysage ou une belle toile je ne peux qu’exprimer un ressenti.
D’ailleurs contrairement à ce que tu écris dans ton poème ” l’abscons est secondaire, tout devient ressenti” pour moi l’abscons est primaire et de ce fait tout mon commentaire est du ressenti et je ressens une certaine sidération dans la lecture du poème. Ce qui est sous ma plume un compliment…
Loki, je suis comme toi. Mais suite aux derniers commentaires d’Hermano, j’ai tenté d’aller au-delà de la simple compréhension, j’ai essayé de ressentir. C’est de là que vient cette idée de portes intérieures que j’ai cherché à ouvrir. Je les ai peut-être à peine entrouvertes, et c’est exactement ce que le poème tente de décrire.
Merci pour “ta sidération”, Loki. Venant de toi, ça me touche beaucoup.
Merci, Gilbert, de me citer ! 🙂
Pour ma part, je trouve que c’est un fort beau poème, qui exprime avec puissance cette volonté et cette nécessité pour le poète d’aller chercher, aux frontières du conscient et de l’inconscient, une vérité à extraire, à mettre à jour et à partager.
Peut-être est-ce pour cela que, lorsqu’on trouve une métaphore géniale dans un texte, ou une façon inédite d’exprimer un sentiment ou une émotion, on parle de “pépite” ?
En tout cas, merci pour ce texte que j’aime beaucoup, même si, comme Loki, je ne comprends pas vraiment “L’abscons est secondaire“…
Merci Hermano pour ton commentaire.
Mon but était de suggérer que dans ce cas précis, la compréhension intellectuelle ou la logique (ce que j’ai appelé l’abscons) n’est pas la valeur essentielle. Ce qui prime, c’est le ressenti et l’émotion.
C’est une expérience que je tente : placer l’intuition et le ressenti au-dessus de la pure logique et de l’analyse. C’est un domaine où je débute, donc j’expérimente. 🙂
Je crois que j’avais bien compris ton intention, que je trouve particulièrement fertile pour l’inspiration poétique (ce n’est que mon avis!), par contre je n’ai jamais associé l’abscons à la logique, bien au contraire.
“L’abscons” serait plutôt “l’incompréhensible”, “l’impénétrable” qui, moi, m’engagerait plutôt vers l’imaginaire pour percer le secret, pour essayer d’interpréter comme la sybille de Delphes ; mais tout cela reste encore personnel !
Ceci dit, je répète que le poème m’a beaucoup plu.
Il ne me reste plus qu’à consulter le dictionnaire avant d’utiliser un mot qui ne m’est pas familier. 🙂 J’ai toujours cru que abscons voulait dire complexe. Merci encore Hermano.
Impressionné ! Je vois dans ce poème, qui reste un peu abscons pour moi mais c’est en effet secondaire la poésie n’est pas explicative, comme l’expression d’une mutation, de l’exploration d’un paysage nouveau.
Je lis toujours tes textes avec le plus grand intérêt. Merci Gilbert
Je note que le site a mis deux de mes écrits en textes similaires, cela me fait plaisir
Merci beaucoup, Chamans. Je suis très touché par ton commentaire. J’essaie toujours de m’améliorer en puisant plus profondément en moi ce que je ressens, même si c’est difficile à exprimer. Je dois d’ailleurs un grand merci à Hermano qui m’a donné pas mal de clés dans ses commentaires. Et je suis vraiment content que deux de tes textes aient été choisis comme textes similaires