Souple comme l’empreinte d’un grand pouvoir divin,

Attaché à l’étreinte de ce qui me retient,

Sans pouvoir exprimer, sans comprendre le beau,

Aurore du matin, éclairée au flambeau.

Savoir sans savoir, en retirer le suc,

Dans cette obscurité, le pouvoir d’un grand duc.

Et s’enivrer du temps, s’enivrer du langage,

Aux confins de son soi, aux portes du sans âge.

Miracle du non-sens, de l’inconscient secret,

Bien plus fort que le doute, tout devient vérité

Lorsqu’on ouvre les portes, en espérant jaillir,

En laissant tout entrer pour pouvoir tout sortir.

L’abscons est secondaire, tout devient ressenti,

Je laisse parler l’autre, celui qui est enfoui.

Un miroir inversé, la traversée d’Alice.

Paysage inconnu où je ne suis plus moi,

Un bizarre bien-être que je ne connais pas.

Les fleurs de mes pensées ont changé de couleur,

Mes blessures d’antan ont changé de douleur.

Portes ouvertes en moi, où je n’allais jamais,

Car je ne savais pas que portes il y avait.

                                                                 Gilbert