Trois textes écrits à Saint Sever de Rustan (Hautes-Pyrénées) lors du Festival « Plumes et Pinceaux » organisé par la municipalité.

Seule consigne d’écriture :
sur le thème de l’eau, le ou les textes écrits doivent comporter :

                – Le mot « clapotis »

                – L’expression « je me suis jeté/e à l’eau »

J’ai écrit 3 textes différents.

 

 

 

I – En suspension

 

Clapotis…

Flouti, flouta…

Coulis, coulis, coulis…

Est-ce le bruit de l’eau ?

ou plutôt la mésange dans les branches ?

 

Une mésange ? Étrange…

L’eau et l’oiseau…

tout en mélange

dans l’après-midi de juin…

 

Et ce clapotis, ce coulis-coulis

dans ma tête, dans ma tête

qui veut écrire

cette rivière

et cet oiseau.

 

Alors, j’ai pris

de la rivière l’eau,

de l’oiseau la plume,

et pour les célébrer

je me suis jeté à l’eau.

 

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II – Phil-eaux

 

      • Alors, ça avance, ton dictionnaire sur l’eau ?

      • Oui, ça va, ça va, j’en suis au « clapotis » …

      • Clapot-quoi !?

      • Cla – po – tis, je te dis ! T’as jamais entendu parler du clapotis de l’eau ?

      • Ah ! Un petit clapot, quoi ! On aurait pu appeler ça « clapop’tit », non ?

      • Tu me fatigues !

      • Ah bon ! Eh bien tant pis parce que, moi, j’en ai des choses à dire sur le clapot et sur le clapotis.

      • Ben, vas-y, vas-y ! Tu vas pouvoir enrichir mon dictionnaire.
        Enfin,… peut-être ! Raconte !

      • Alors voilà : un jour, comme à son habitude, notre prof de philo arrive dans la classe un mardi matin, toujours avec son jean un peu sale, sa barbe de huit jours et sa chemise à fleurs…

      • C’est bon, c’est bon ! Abrège !

      • Moi, je te dis ça pour te mettre dans le contexte : c’était « Peace and love ! » et « La réponse est en vous…»

      • Bref…

      • Bref, il s’assoit sur le bureau comme d’habitude et il nous a fait :
        « Nous allons parler de l’eau, ce matin : ce qui est important, ce n’est pas le clapot, c’est le flux…»
        Et il se tait.

      • Moui… comme une énigme à résoudre pour vous, en quelque sorte ?

      • Voilà ! Mais quand tu prends ça dans les dents, un mardi matin à 8h30 et que t’as 18 ans, c’est comme un seau d’eau en pleine gueule ! Alors, du coup, ça m’a bien réveillée et je me suis jetée à l’eau malgré ma grande timidité à l’époque, et je lui ai fait : « Monsieur, ce que vous voulez dire, c’est que l’important n’est pas ce que l’on voit tout de suite et qui s’agite en surface, mais les mouvements de fond, plus puissants, plus persistants, plus profonds, majeurs, mais qui souvent passent inaperçus car ils sont plus lents. C’est cela que vous voulez dire, Monsieur ?»

      • Ah ! Tu vois ! tu as quelque chose d’intéressant qui méritera de figurer dans mon dictionnaire à propos du mot
        « clapotis » ! Et qu’est-ce qu’il t’a répondu ?

      • Il m’a dit : « Oui, Mademoiselle, je vois que vous êtes bien plus éveillée que vos camarades ; vous avez parfaitement compris ce que je voulais dire. » C’est là que je suis devenue sa préférée et qu’il a commencé à me draguer.

      • Bien, bien, bien. Ne m’en dis pas plus. Restons en à ce clapotis encore plus léger et plus insignifiant que le clapot,
        et pourtant si charmant.

      • Ouais… Et quand tu en seras au « Flux », revient me voir avec ton dictionnaire sur l’eau. Et pour la lettre « Z »,
        tu penses à quoi ? Au Zambèze ? ou plutôt au zézaiement de la fuite qui attend le plombier ?

 

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Troisième et dernier texte, toujours avec les mêmes consignes (clapotis et « je me suis jeté à l’eau), mais là j’ai choisi de mettre le plus possible d’expressions contenant le mot « eau ».

 

III – Expressions

 

Bon, encore une heure à écrire…

Encore une heure à clapoter…

 

Clapotis, clapotis, … je ne sais plus quoi dire, moi, mais je ne vais pas rester le bec dans l’eau tout de même !
Je ne vais pas laisser tout cela tourner en eau de boudin !

Je me demande qu’est-ce qui pourrait amener de l’eau à mon moulin, mais je reste sec. J’arrêterais bien là,
mais on ne va pas jeter le bébé avec l’eau du bain !

Pourtant, c’est bien clair comme de l’eau de roche, il ne faut pas laisser tout cela aller à vau-l’eau, je dois persister,
me sentir de nouveau comme un poisson dans l’eau et continuer à écrire ce qui me viendra, comme ça, au fil de l’eau,
comme si cela coulait de source, pour donner au lecteur l’eau à la bouche, lui donner envie de continuer à lire ma prose.

Oui, de l’eau a coulé sous le pont depuis tout à l’heure, que d’eau, que d’eau, pour nous inspirer, comme si l’inspiration devait couler de source

 

Bon, comme tous les autres, je me suis jeté à l’eau vers 14h30, et il n’a pas fait aujourd’hui le temps torride d’hier. Heureusement, nous aurions sué sang et eau, cela aurait été vraiment le cas de le dire !

L’après-midi continue de couler sous le pont, mais personne n’arrête d’écrire, personne ne met de l’eau dans son vin, dans l’encre de sa plume. Tout va bien, rien n’est tombé à l’eau cet après-midi, nos écrits ne se sont pas dilués, pas non plus de goutte d’eau pour faire déborder le vase. Je ne croyais pas écrire autant, mais il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ». Je le savais !

 

Alors, merci pour ce moment d’eau !

 

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