Il y a si longtemps, j’étais encore élève,
Qu’un jour je rêvassais sur mon livre, endormi.
Lorsqu’en songe une fée élégante aux traits d’Ève,
S’assit auprès de moi, j’ouvris un œil à demi.
Elle me souriait. La durée fut si brève.
Elle inclina vers moi un buste raffermi,
Me susurra des mots dans un jargon de rêve.
Noble et fière, sa main me toucha, j’ai frémi.
Qu’à peine avec douceur, m’effleura les cheveux,
— Moi l’enfant, ne sachant encor ce que je veux —
Me confie : « c’est pour toi que le sort m’a choisie ».
Pourtant, c’était bien loin, mais j’ai risqué un vœu.
Ainsi, souvent j’en pense et sans le moindre aveu,
Je sus. Cet Ange ailé n’est que la Poésie.
H.A Syphax – Images et sensations – © TDR

Quelle chance Abed, qu’Erato, Muse de la poésie lyrique et chorale se soit assise à côté de toi quand tu étais élève !
J’aurais aimé qu’il en soit de même pour moi et qu’elle me confie : « c’est pour toi que le sort m’a choisie ».
Mais est-ce bien Erato qui s’est assise à tes côtés ? « Cet Ange ailé n’est que la Poésie » me trouble !
Autre culture, autre Muse…
Je trouve joli et j’y sens à peine la rime, ce que je considère comme une qualité.
Je regrette toutefois le temps présent du dernier vers qui, pour moi, détonne avec le reste du poème écrit au passé.
Je pense que tu as utilisé le présent pour manifester la “permanence” de la poésie, mais cela me heurte un peu et j’aurais trouvé plus fluide d’écrire “Cet ange ailé n’était que la poséie”.
Je ne résiste pas à la tentation de proposer un lien vers un poème de Neruda auquel ce texte me fait penser, où l’auteur exprime lui aussi comment il a été visité par la Poésie. Un texte que j’adore, à lire absolument : http://www.unjourunpoeme.fr/poeme/la-poesie-2 (traduction)
Et bien sûr, si vous savez l’espagnol : https://lyricstranslate.com/fr/la-poesia-poesie.html
Belle allégorie que cette beauté “au buste raffermi” qui se pencha sur le jeune élève que tu fus.
Elle m’a un peu oublié moi aussi, je n’ai pas été touché par la grâce et j’en suis un peu jaloux.
J’espère lire d’autres textes de ce cru.
Merci.
Joli sonnet onirique, plein de douceur. Malheureusement les fées ne se rencontrent qu’en rêve. Personnellement, si j’avais été visité par une fée, j’eusse aimé qu’elle m’apprenne l’amour, mais bon on ne choisi pas…