Au détour d’un chemin, pas de pierre ou de terre,
un chemin de papier où je cueillais des vers,
je croisais une idée, une entité abstraite,
qui soudain s’approcha et entra dans ma tête.
« Que fais-tu de ta vie, où te mènent tes pas ?
Pourquoi cette douleur qui ne te quitte pas ?
Que cherches-tu encore et pourquoi ces questions ?
Tu sais que les réponses jamais ne te viendront.
Et pourtant, te voilà à vouloir l’absolu,
sans cesse torturé, mais jamais abattu.
Tu as lu bien des livres, des ouvrages puissants,
qui n’ont fait que te perdre dans l’esprit d’autres gens.
Cherche en toi le repos,
l’apaisement de l’âme,
tu ne trouveras rien,
nul n’en fera un drame. »
Je lui souris et dis :
« Qui es-tu, entité ? Crois-tu me diriger ?
le feu qui me consume vient du profond des âges.
Tant que je serai là, tant qu’il y aura des sages,
je poursuivrai ma quête pour apprendre et comprendre,
au-delà de mon être, et sans jamais me rendre.
Mais qui es-tu enfin pour ainsi me troubler ? »
— Je suis toi, fatigué…
Gilbert

Gilbert, de nombreux écrivains ont évoqué l’hypothèse que l’homme n’est pas un, mais plusieurs !
Dans ton texte, tu illustres bien une dualité qui peut apparaître. Tu écris qu’une entité entre dans la tête de ton héros.
Mais la fin de ton récit montre que cette entité n’est pas extérieure, mais fait partie de façon intrinsèque avec le personnage.
D’ailleurs, dans la vie courante, ne dit pas d’une personne fatiguée ou malade : ce n’est plus le même homme !
J’ai beaucoup beaucoup aimé ce poème et cette quête existentielle, en belles rimes qui plus est ! Bravo !
Une quête et un doute qui mènent à soi-même, récurrence infernale.
J’aime particulièrement cette chute : “Je suis toi, fatigué…” et j’accorde une petite génuflexion pour “le chemin de papier“, une pépite pour moi.
Et, comme je ne peux m’empêcher de penser en chansons, il me semble qu’on pourrait chanter ce texte, avec l’accent, sur l’air de “La dame de Haute-Savoie” de Francis Cabrel :
Quand je serai fatigué
De sourire à ces gens qui m’écrasent
Quand je serai fatigué
De leur dire toujours les mêmes phrases
… … …
Quand je serai fatigué
D’avancer dans les brumes d’un rêve
Quand je serai fatigué
D’un métier où tu marches où tu crèves
Je te dois beaucoup Hermano. Grâce à tes conseils, j’étais plus serein, moins stressé par l’orthographe, ce qui m’a permis de laisser libre cours à ma recherche poétique. Si le résultat te convient, tu en es en grande partie l’artisan. (J’applique d’ailleurs la même méthode pour les commentaires).
Merci à toi aussi Loki pour ton commentaire éclairé.
Joli poème sur la quête universelle de l’humanité. Qui je suis, d’où je viens, quelle est ma destinée…questions que se pose l’homme depuis qu’il existe. L’autre soi même est ici l’entité, qui fait office de…modérateur.
J’ai aussi apprécié ”le chemin de papier” et le ”Je suis toi, fatigué”
Les deux premiers vers sont pour moi de haute volée :
Au détour d’un chemin, pas de pierre ou de terre,
un chemin de papier où je cueillais des vers
Sans pour autant ternir le reste du poème, très beau. L’éternel dialogue de l’être humain avec lui même sur sa condition, avec une chute magnifique : “Je suis toi, fatigué”.
Bravo Gilbert, tu peux continuer à te “lâcher”, tu nous enchantes !
Merci Chamans, cela me conforte grandement dans ma décision de continuer à écrire de la poésie.