Liberté !
Petite fille de la campagne, comme tu rêves de retourner sur ces collines aimées où tu gambadais joyeusement avec tes sœurs au détour des chemins à bicyclette ou à pied, marchant, sautant, tu te revois grimper dans les chênes qui sont toujours là, immuables comme le ciel et ses nuages dans un espace à perte de vue où tu prends le temps de respirer entre deux roulades dans les champs de blé, avant de vous asseoir dans l’herbe autour d’une nappe de pique-nique que partagent volontiers les chats de la maison venus se promener dans les prés où d’ailleurs le chien vous a rejoint espérant bien obtenir quelques restes entre deux caresses, mais une petite brise s’étant levée dans cette cachette de foin sans clôture, vous remontez les champs ocres en jouant vos airs préférés à la flûte, riant et chantant de petits airs coquins qui font concurrence aux chant des oiseaux et au bruit du vent dans les feuilles de peupliers, rappelant celui d’un cours d’eau où tu irais volontiers te tremper les pieds si il existait, bien qu’ici le seul cours d’eau que tu aies observé soit celui des vaches qui pissent à en remplir une marre en restant placides, ruminant l’herbe broutée, pensives comme toi qui ne veux plus regarder l’heure, réconfortée par le sentiment de pouvoir franchir toutes les limites dans cette campagne où tu peux aller où tu veux à travers les labours s’étendant à perte de vue dans ce bonheur vert chatoyant qui t’inspire l’admiration et imprime à jamais dans ton cœur serein le souvenir du partage agréable de vos jeux d’enfants.
Soudain une autre image te vient, celle d’un enfant plus grand aux cheveux crépus, les yeux noirs traversés par un rai de lumière sans qu’il en soit aveuglé, il semble transparent dans le reflet de la vitre à travers laquelle il observe quelqu’un peut-être, à moins qu’il ne pense à quelqu’un ou quelque chose car il a les yeux larmoyants sur son visage métis aux lèvres charnues et au nez évasé rappelant toute la misère que ses ancêtres ont peut-être traversée et pourtant le voilà, lui, avec la capacité de balayer tout ça et d’accéder à la même liberté que toi, petite fille de la campagne, puisque cette porte vitrée, il peut choisir de l’ouvrir, franchir les limites et te rejoindre pour sentir comme toi le parfum du foin d’été en faisant virevolter les papillons sur son passage, dans un soupir apaisé…


Ce texte qui pourrait être agréable à lire est étouffant !
Un mérite : il met en évidence l’importance de la ponctuation dans une langue !
Pourquoi le titre “Texte sans point” ? J’en relève 4 ! 😂
Deux coquilles
aux chant–>aux chants
si il–>s’il
Et bien moi, contrairement à Loki, j’ai aimé me laisser engloutir par la phrase pour me retrouver dans cet univers campagnard plein de couleurs, de textures et de senteurs. Le fait qu’il n’y ait pas de ponctuation m’empêche de m’échapper une seule seconde et je me sens vraiment inclus dans la scène. Il me semble que cela aurait été vraiment différent avec une volée de points jetés sur ce texte.
Mais… les goût et les couleurs ne se discutent pas. Enfin, quelquefois, si ! La preuve ! 🙂
Et, une fois de plus, je suis heureux de pouvoir lire les textes similaires proposés par “l’intelligence” du site…