Porte drapeau
Au plus profond de toi-même cherche la flamme
Cette mèche incandescente qui brûle en toi
Mets en évidence ta passion de toute ton âme
Sous le vent grotesque de la meute qui aboie
Ironise sur la sombre moquerie des débilitants
Aux esprits clos miteux et sans partage
Trempe ta plume dans l’encrier du temps
Et écris toutes les décrépitudes sur ta page
Savoure avec ardeur sereinement les matins tièdes
Dans la douceur innovante du néon patient
Fais figure de porte drapeau sur la corde raide
Des embûches constantes de la perfidité des gens
Éteins les torchons qui brûlent entre les ignorants
Qui ne connaissent que les armes pour paroles
Hausse le ton dans les nues des incompétents
Donne leur un instant de l’empathie dans leur jeu de rôle
Dénoue les cordages usés du temps alangui
Qui subissent l’inconstance des humeurs du vent
Souffle dans les voilures aux néfastes théories
L’odeur nauséabonde des ourdis latents
Mouille tes lèvres à la source de tes envies
Comme le soleil boit la tasse sur l’horizon en flamme
Apporte ta petite touche novatrice de colibri
Dans ce monde fantasque dépourvu de charme
Tourne les ailes des moulins de la paresse
Des œillères cupides des sectaires ombrageux
Accroche leur intelligence obtue aux cerfs-volants en liesse
Regarde leur vol éphémère sourire aux nuages gracieux
Écris des mots bleus dans leurs partitions au langage funeste
Apporte de l’eau limpide aux abreuvoirs taris
Aère la liberté étouffée par leurs tendancieux manifeste
Alors pour tout cela des barrières seront franchies
La victoire est au bout de ton acharnement
Par tes mots, la sagesse de ton auguste vécu
Si à tes idéaux un jour tu leur mens


Bienvenue, Serge !
C’est un vaste programme que tu nous proposes…
Éteindre les torchons qui brûlent entre les ignorants sera quasiment inatteignable avec les réseaux sociaux, car comme tu l’écris la meute aboie.
Hausse le ton dans les nues des incompétents : gros travail, car ils sont légion…
Dans ce monde fantasque dépourvu de charme. Je ne suis pas d’accord, il faut savoir le regarder !
Accroche leur intelligence obtuse : il ne faut pas généraliser sinon tu risques d’en faire partie.
Heureusement que, dans tout ce que tu proposes, tout n’est pas négatif. Il y a donc de l’espoir.
Sur le fond j’avoue que ton poème m’a mis un peu mal à l’aise. Certes le pur idéal élève au dessus de la masse mais la pureté a aussi ses dangers, celui du fanatisme n’est pas le moindre ainsi que celui de chausser les ” œillères cupides des sectaires ombrageux”. Mais je préfère y voir une invitation à la résistance aux inclinations funestes vers lesquelles semble glisser notre monde.
Sur la forme puisque tu as choisi la rime ton poème n’aurait-il pas gagné en rythme en généralisant les alexandrins ? Mais bon j’avoue que c’est pour moi une petite marotte.
Je retiens un très beau vers à mon sens : “Apporte de l’eau limpide aux abreuvoirs taris”
Merci Serge et bienvenu.