Quand j’étais un enfant, à l’orée de ce bois,
J’avançais tel un faon, scrutant tout, aux abois…
M’arrêtant de marcher, assis sur le chemin,
J’essuyais de mes mains mes deux pieds écorchés.
Furent ainsi écartées toutes les prédations…
Quelle belle liberté que l’imagination.
Où donc est la clairière que l’on m’a tant vanté ?
Envies, espoirs, prières : il faudrait l’inventer…
Il nous est nécessaire pour se construire une île
D’être un peu juvénile et d’être un peu corsaire,
De la virginité et quelques illusions,
Quelle belle liberté que l’imagination.
Quelques branches par-ci, des brindilles par là,
De ces feuilles durcies, croisées en entrelacs,
Je ferai la litière en haut de mon donjon,
Et je mettrai des joncs ou bien de la bruyère
Pour masquer la clarté de mon habitation.
Quelle belle liberté que l’imagination.
Du fond de mon abri, l’avenir est sans borne :
Le tout petit cabri a de sublimes cornes.
En dehors de la piste, on est fort et pourtant,
Qui se croit important a souvent les yeux tristes…
Pour me réconforter de la situation,
Je loue la liberté de l’imagination…
Et je sors aux abois de l’orée de ce bois…

j’ai bien aimé suivre vos traces sur ce bois et cette orée. Belle écriture. Clémentine.
J’ai beaucoup aimé le poème et surtout sa mise en musique.
J’ai un peu regretté un seul vers, que je trouve un peu trop “concret” : “Furent ainsi écartées toutes les prédations“, mais je sais que la rime est parfois difficile à tenir.
Et toujours à propos de la rime, je sais que dans les chansons on ne compte pas forcément les pieds de la même façon que dans la poésie classique qui exige la connaissance des diérèses et synérèses – souvent exquisement désuètes -, mais à toutes fins utiles je rappelle cette bonne adresse qui peut être utile aux poètes qui veulent rimer et qui regardent leurs pieds :
https://www.scribblab.com/outils/syllaber
Mais l’ensemble reste vraiment très agréable pour moi. Bravo Perthro !
Merci à tous les deux pour vos commentaires.
Hermano, il est vrai que l’on écrit pas une chanson comme on écrit une poésie classique. J’ai parfois fait les deux mais les diérèses sont difficiles à tenir lorsque l’on chante. En fait, beaucoup de figures de style passent plus difficilement, surtout lorsque l’on veut épurer son écriture avec des mots et des tournures plus simples comme c’est mon cas actuellement. En tout cas, merci pour la remarque!
Une belle évocation des rêves d’enfant, quand on se construit des mondes à leur mesure.
l’imagination est un refuge dont il faut bien sortir… à l’orée du bois.