La peur, oui, j’ai peur d’échouer.

Je l’ai vécue et je la subis toujours.

Peur d’oublier…

Oublier quoi ? Mon identité.

En vérité, j’ai peur de me rendre compte que mon erreur est la conséquence de cette maladie.

Difficile à croire, difficile à prononcer… je parle bien du nom.

Non pas que ton aide ne soit pas utile.

Je veux juste être normale.

Fuir les pensées morales,

car je me souviens que je ne peux guère m’éloigner de ça.

En vrai, c’est mon moi.

J’ai envie d’être comme eux.

Je veux juste réussir.

Mais je me sens enfermée,

dans l’impossibilité.

La réalité me parle

et elle me dit que c’est impossible.

J’y crois : je ne peux pas.

J’y crois : je ne peux pas guérir.

J’y crois : je ne peux pas sortir du gouffre dans lequel je souffre.

Le mieux à faire serait de me laisser aller,

subir le sort et disparaître.

Alors que j’exécute ce choix,

j’entends la voix du silence,

criant dans mon oreille.

Elle me rappelle que je suis seule,

que je parte ou non, je serai seule à tout moment.

Animée d’une haine pour la vie,

du haut de mon immeuble,

je regarde en bas.

Je vois mon concierge crier,

j’entends ma voix rire,

je vois mon corps se jeter.

Mon esprit voit une lumière.

Trop tard… mon âme sombre dans un noir éclatant.