Les papiers ne s’éparpillent pas sur ma table.
Mes pensées ne seront pas vaincues, mon inspiration ne s’éteindra pas. Les phrases ne s’échappent pas de mes profondeurs.
Les mots ne resteront pas figés dans ma bouche.
Les jours ne m’échappent pas.
En moi, une révolution de mots se fraye un chemin vers la vie.
Telle une mer déchaînée s’abattant sur les rochers du rivage, et brisant le silence des villes dans le calme des nuits.
Avez-vous déjà vécu dans des villes sans histoire, rencontré des gens sans souvenir, et dormi dans des maisons abandonnées et trouvé la paix intérieure ?
Avez-vous déjà traversé des années dont vous ignorez la nature ?
Avez-vous déjà ressenti le caractère changeant des saisons ?
Avez-vous vécu l’impossible sous la grisaille des jours ?
Avez-vous aimé une femme par amour ? Avez-vous écrit un livre pour la gloire des mots ? Avez-vous été assailli d’idées de toutes parts, et avez-vous choisi les vôtres pour faire de la vie une grande aventure ? La vue de la vie et la souffrance d’autrui vous ont-elles peiné ?
Consacrez-vous du temps aux autres ?
Êtes-vous généreux dans les moments difficiles ?
Il y a des moments dans la vie où on sent que c’est la fin, puis on découvre que c’est le début, et il y a des portes qu’on se sent fermées, puis on découvre que c’est la belle entrée.
Pour vivre en héros jusqu’à la fin dans une société qui accepte la défaite, l’humiliation, la honte et la disgrâce, vous paierez inévitablement un prix élevé, mais lorsque vous mourrez, vous mourrez avec la conscience tranquille.


Une quête, ou plutôt un ensemble de requêtes existentielles dont chacune nous amène à jeter un regard en arrière et à méditer.
J’ai aimé.
Le texte commence par une affirmation de soi où je sens poindre à la fois une fierté certaine mais aussi une injonction à faire pour soi-même.
J’y ressens également un regard vers le lecteur que je suis, comme si l’auteur voulait lui donner des leçons, le culpabiliser un peu en lui demandant : “Et toi, où en es-tu avec tout ça ?”
Et puis, voilà cette série de questions qui me fait un peu penser aux “100 questions” de Pablo Neruda et qui viennent m’interpeler, un peu de la même façon car, là aussi, j’ai un vague sentiment d’accusation.
Mais, comme je l’ai dit plus haut, j’ai aimé la réflexion que ces questions engendrent, bien que je les trouve moralisatrices et calquées sur une certaine norme sociale : “Consacrez-vous du temps aux autres, êtes-vous généreux” avec, par derrière, en filigrane : “… comme moi.”
Cela, comme souvent, me fait penser à une chanson, celle de Brassens :”La mauvaise réputation”, que je vous engage à relire ou à réécouter.
En voici les derniers vers, qui comme dans ce texte, nous amènent à penser à notre fin :
En suivant les chemins qui ne mènent pas à Rome
L’on suive une autre route qu’eux
Non, les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Sauf les aveugles, bien entendu
Les dernières lignes de ton texte me proposent de “vivre en héros jusqu’à la fin“, ce qui serait bien également dans le droit fil d’une certaine norme et d’attitudes que la société valorise, mais Brassens me tourne toujours dans la tête… Et si je n’ai pas envie d’être ce “héros” ?
Et si j’ai plutôt envie de “vivre la conscience tranquille” avant de mourir ? La mort, je n’aurai plus rien à ressentir, même pas la fierté d’avoir laissé une belle image, alors !
Alors, merci beaucoup Mohamed pour ce texte engagé bien écrit et qui m’a donné l’occasion d’une petite réflexion philosophique et existentielle et d’un aussi long commentaire.
La mauvaise réputation, avec les paroles : https://www.youtube.com/watch?v=ZvqiyA14PVU
Merci Mohamed !
Je vois dans ton texte, l’écriture comme une arme de résistance contre le temps, l’oubli et le conformisme social. Tu interpelles le lecteur, l’invitant à sortir de sa routine.
J’y vois aussi l’apologie du mot, l’arme ultime contre l’oppression de la société et des dictatures qui ne cessent fleurir dans le monde.
C’est la raison pour laquelle tous les despotes attaquent et oppriment les écrivains. Ils les enferment, les martyrisent et les éliminent. Pourtant rien à faire leurs mots resteront…
La réflexion.
Une poésie sur la réflexion simplement, que j’ai aimé découvrir.
Merci pour ce partage.
Daniel.
HELLO MES CHERS Hermano ?Loki? DanielM
UN GRAND MERCI POUR TES BELLES COMMENTAIRES
JAPPRECIE TELLEMENT
BISES
MOHAMED