Je suis une ligne de fuite
dans la ronde sociale.
Je n’ai pas la voix
pour les usages du cercle.
J’ai parlé
en vers,
en segments nets.
On m’a répondu
en angles qui grincent.
Je ne m’attarde pas.
Je laisse ce village,
ce petit polygone,
à ceux qui s’y alignent.
Je reprends
mon souffle,
ma langue,
ma verticale.
Je poursuis
ma ligne —
hors champ.

La logique mène à tout à condition d’en sortir ! Alphonse Allais
Je reprendrai cette maxime en la transformant : les mathématiques mènent à tout à condition d’en sortir.
Elles peuvent mener à une pseudo poésie comme ici. Mais impossible de s’en échapper totalement, elle est collante cette chipie !
Les segments, les cercles, les angles, les polygones s’accrochent au texte comme autant de tiques sur le pelage d’une vache !
L’auteur a beau prendre la verticale et la fuite sur la ligne, il ne peut s’abstraire des mathématiques.
Et « la ligne », quel magnifique concept !
Elle est partout : garder la ligne, il y a de la friture sur la ligne, la ligne Maginot, on peut pécher certes, mais il est plus tranquille et moins capital de pêcher à la ligne, quand elle est maligne elle est à nous, je suis dessous quand je souligne et au-dessus quand je surligne.
Il est temps de nous quitter, on m’appelle sur une autre ligne…
Quand la géométrie soutient la poésie pour dire la nécéssaire évasion des conventions sociales.
Je suis une ligne de fuite
dans la ronde sociale.
Je n’ai pas la voix
pour les usages du cercle.
J’aime beaucoup ! Une fois de plus bravo “Lisière des mots”.
J’appuie cependant la suggestion de Loki, tes commentaires nous manquent.