Texte produit en atelier au Conservatoire des Landes de Gascogne à Sanguinet (Landes), sur le thème du ciel.
Nounours et moi rentrons de mission. Nous avons fait 24 h non non-stop de la France à la Nouvelle-Zélande. Nous sommes épuisés. Tous ces enfants à endormir ! Certains prennent plus de temps que d’autres, ils réclament une histoire ou un câlin supplémentaire. Ils débordent d’imagination pour trouver une bonne raison de nous faire rester un peu plus longtemps. Enfin !
Ah zut, qu’est-ce qui se passe ? Notre nuage n’avance plus ! La météo est pourtant parfaite. Nous devrions filer comme le vent sur l’autoroute azur du ciel. Je vérifie mes écrans de contrôle. Tout semble parfait.
J’ai envoyé Nounours voir ce qu’il en est. Ah, le voilà qui remonte de l’échelle
- Alors Nounours, au rapport. !
-
Patron, vous n’allez pas le croire, notre nuage est bloqué dans un énorme verre.
-
Enfin Nounours, tu délires ! Je crois plutôt que c’est toi qui as bu trop de verres !
-
Mais non Patron, je ne bois que du sirop de framboise ou des infusions au miel !
-
Eh bien, je voudrais bien vérifier les plantes que tu utilises pour tes infusions ! Passe-moi l’échelle ! Je vais voir par moi-même.
Quelques instants plus tard, je remontai sur le nuage.
- Mille excuses Nounours ! Nous sommes effectivement sur un verre. Et même sur une coupe de champagne géante ! Je te propose de faire maigrir notre nuage pour le faire sortir de là.
-
Oh alors, on va faire pluie, pluie, patron ? Ouh, ouh, ouh ! Ça me plaît !
-
Mais oui Nounours, je savais que cette solution allait plaire à un farceur comme toi.
Tableau “La corde sensible” – Magritte -1960


C’est une belle idée d’histoire, simple mais se laisse lire.
Daniel.
La mission du Père Noël semble en fait beaucoup plus simple juste une tournée par an, alors que ce pauvre Marchand de Sable et ce pauvre Nounours doivent tous les soirs endormir quelques millions d’enfant, et voilà que le nuage se coince dans un verre, décidément… Ce texte est élégant et joli et aurait peut être mérité d’être écrit sous forme de comptine ou poème, ou pas…
Hier, quand j’ai vu apparaître ce texte sur le site, c’est surtout la photo qui a attiré mon attention !
Dans un premier temps, j’ai voulu commenter et je me suis retenu attendant les réactions, d’autres membres du site afin de savoir s’ils auraient les mêmes appréciations que moi !
C’est une belle idée d’histoire, simple mais se laisse lire.
Ce commentaire est très gentil ! Mais à part l’immobilisation du nuage sur une coupe de champagne l’histoire n’est pas différente de celle qu’on trouvait tous les soirs à la télévision, sur les spots de Nounours et du Marchand de sable.
Ce texte est élégant et joli et aurait peut-être mérité d’être écrit sous forme de comptine ou poème, ou pas…
Certes aucun reproche à faire, au niveau de l’écriture et de la syntaxe. Joli ? Mais un peu simplet pour en faire une nouvelle.
À mon avis, la durée d’un atelier est trop courte pour permettre la rédaction d’une nouvelle digne de ce nom ! Les autres auteurs de nouvelles du site ne me contrediront sans doute pas, l’écriture d’une nouvelle nécessite beaucoup de temps et maintes relectures.
Un atelier ne peut engendrer qu’une ébauche…
Je suis d’accord avec ClaudeLougarou le texte aurait mérité d’être écrit sous forme d’une comptine ou d’un poème !
· Oh alors, on va faire pluie, pluie, patron ? Ouh, ouh, ouh ! Ça me plaît !
Je suis très réservé sur l’interjection qui peut, à la rigueur, faire rire, un enfant de cinq ans…
Que de pluie de critiques sur ce brave Nounours !
Ce texte est certes simple, mais pas simplet. Il est le résultat d’une écriture rapide mais néanmoins amenée par toute une démarche d’atelier centrée sur le travail du ciel chez les peintres (je vous conseille l’excellent « Le ciel des peintres » de Daniel Bergez), la symbolique du nuage selon les époques artistiques, les nuances de bleu.
Son style et sa syntaxe respectent le lecteur.
Il a le mérite de rapprocher l’œuvre d’un grand artiste et la culture populaire. Nous avons besoin de ce genre de traits d’union, pour que personne ne soit plus intimidé par les musées et les œuvres d’art. C’est d’ailleurs le sens de l’atelier où ce texte a été écrit, puisqu’il se déroule dans un musée.
Bien sûr, ce texte n’appartient pas à un grand genre littéraire. Il n’est ni essai, ni poésie, ni littérature blanche (par opposition à littérature noire du polar, romance, science-fiction et autre genres dits « mineurs »). Il ne prétend même pas être une œuvre. Cependant, il rappelle que la microfiction et la littérature jeunesse sont des genres qui ont leur place.
J’espère en tout cas, qu’il peut apporter aux lecteurs, une touche de bonne humeur.
On venait juste d’avoir la télé et “Bonne nuit les petits“, c’était tous les soirs.
J’avais déjà passé l’âge (ce qui en dit long sur moi-même) mais ma petite soeur était fan, alors on regardait Nounours sans jamais le rater ! De toute façon, on ne pouvait pas zapper : il n’existait qu’une seule chaîne en noir en blanc. Si, si, je vous assure !
Merci Line pour ce nuage rafraichissant au pays de Nicolas et Pimprenelle !
P.S. Boudin ! J’ai toujours pensé que c’était un nom vraiment mal trouvé pour un “Roi des ciels” ! 🙂
Je regrette que tu l’aies ressenti comme ça il n’y a rien de méchant dans les critiques de “Sur un nuage”.
Moi-même je regrette à la relecture d’avoir utilisé le mot de “simplet” qui peut être ressenti comme péjoratif. Le texte n’est pas simplet, mais simple ce qui n’est pas un défaut.
En tout cas bravo pour ce plaidoyer, il est remarquable, pour défendre cet atelier, Landru, le docteur Petiot doivent regretter dans leurs tombes de ne pas t’avoir eu comme avocate !
Mais je trouve que tu pousses le bouchon un peu loin quand tu écris : “rapprocher l’œuvre d’un grand artiste et la culture populaire”
@Hermano Je ne résiste pas au plaisir de te citer Gustave Courbet qui maniait les pinceaux avec plus de délicatesse que les mots : “Nom de Dieu Boudin, vous êtes un séraphin, il n’y a que vous qui connaissiez le ciel !”
@Loki, merci pour ton aimable message, par la formule “rapprocher l’œuvre d’un grand artiste et la culture populaire”, je veux dire que ce qui nous semble un simple produit de consommation à l’instant T, peut inscrire à l’usage une trace durable dans nos imaginaires, au moins dans celle d’une génération. Et ce, parce que volontairement ou non, il se rattache à une culture plus ancienne qu’il perpétue tout en la transformant. Notre brave Nounours arrive ainsi sur son nuage, tel un “deus ex machina” pour résoudre le problème de l’endormissement des enfants 😉