Dans mon petit meublé de la rue Tholozé
Assis sur une chaise, tout près de la fenêtre
Je regardais Nina qui dormait dans le lit,
Ses beaux cheveux défaits submergeaient l’oreiller
D’une vague ébène qui semblait déferler.
Son corps d’un blanc d’albâtre lascivement lové
Sur le champ de bataille ou elle m’avait vaincu.
Je regardais son corps, désirable, alangui
Promesse de nuits blanches et de tant de passions
Ne pouvant concevoir que cette douce offrande
Fut à moi destinée, fisse partie de moi.
Je jetais un regard par la fenêtre ouverte
Qui donnait sur la cour, une cour grise et triste
Loin de mon paradis et de ma valkyrie.
Les fenêtres d’en face étaient aussi ouvertes
La faune de Montmartre y vivait, s’affairait,
Pensionnaires comme moi de cet hôtel miteux.
Je regardais Nina, ses jolis yeux d’opale
Irisés et changeants m’observaient tendrement
Elle se réveillait, s’étirait, si gracieuse
Se leva doucement en dévoilant son corps.
Elle vint jusqu’à moi, se lovant dans mes bras
Je sentis contre moi ses beaux seins blancs et chauds
Ma main coula émue jusqu’au bas de ses reins
Sa bouche se posa sur mes lèvres entrouvertes
Elle y glissa sa langue, me fixant de ses yeux
Rieurs et caressants. Dans la petite chambre
Les vieux murs délavés se revêtirent d’or.
Me fixant longuement de son regard très doux,
Ses yeux avaient encore changé de couleur
Elle me dit soudain, la voix un peu voilée
Tu sais mon cher fiancé, nous souffrirons un jour
Il n’y a pas d’amour dont on ne sorte indemne
Il faudra que tu me pardonnes mon amour.
Mais sache que tu seras à jamais dans mon cœur.
De ce jour j’ai compris qu’elle me quitterait

