A travers ta fenêtre tu regardes la mer,
Rectangle d’infini qui te fais t’envoler.
Tu ne sais pas la houle et les vagues amères
Corsaire immobile voguant sur ton plancher.
Tu te voyais Jean Bart cinglant sur l’océan
Mais tu n’es que terrien, tu ne sais pas le vent
Qui t’emporte plus loin que l’horizon fuyant
Ni la voûte étoilée, ni les grands oiseaux blancs.
Tu fantasmes les grains et les ciels de tempête
Tu passes le Cap Horn, ses funestes rochers,
Les hurlements du vent éclatent dans ta tête.
Mais tu es resté là, derrière ta fenêtre,
A contempler la mer. Même sans Dieu ni Maître,
Tes ailes de terrien t’empêchent de voguer*
*Merci Beaudelaire


J’ai beaucoup aimé ce poème qui évoque élégamment le rêveur devant sa fenêtre, une fenêtre qui m’évoque bien sûr celle de Salvador Dali.
Non, il n’est pas nécessaire pour le poète de sortir de sa chambre, tout est déjà dans sa tête, et parfois même au-delà de tout !
Il faudra que je lise le célèbre “Voyage autour de ma chambre” !
Mais je me demande qui est bien ce Beaudelaire ?
Merci beaucoup Hermano, oui, le voyageur immobile n’est pas un mythe, tant de gens rêvent d’horizons lointains devant leur fenêtre ou devant un livre. Mais quand même, le voyage immobile, dans sa chambre ou ailleurs ne remplace pas. Comme je l’ai écrit dans un autre poème, peut être aussi doit on “laisser vivre l’ailleurs imaginé”. Mais après tout, chacun voyage comme il le veut…ou comme il le peut.
Beaudelaire? un jeune qui essaie de percer, sûrement.
Les fenêtres ont inspiré de nombreux auteurs, que ce soit en littérature, en peinture ou au cinéma !
Qui ne connaît pas le magnifique film “Fenêtre sur cour” ?
Moi-même, en son temps je me suis inspiré d’une toile de Salvador Dalí :”Figura en una finestra”
https://oasisdepoesie.org/textes-dauteurs/nouvelles/winther/figura-en-una-finestra/
Dans ton texte tu affiches magistralement ta passion des fenêtres et de la mer !
Les fenêtres sont intéressantes par ce qu’on y voit, mais aussi parce qu’on voudrait y voir…
Ton héros rêve de voyages impossibles sur la mer. Mais combien de “héros” dans les HLM adossés à leur fenêtre devant un paysage bétonné rêvent de voyages virtuels et lointains que leur condition ne leur permettra jamais de faire…
Pour finir sur une note poétique : les yeux ne sont-ils pas une fenêtre sur l’âme ?
Ah ! Ce ne serait pas Baudelaire, des fois ? Celui des Fleurs du mal ?
Charlie pour les intimes. Je l’appelle comme ça parce qu’il connaissait bien l’anglais ! 🙂
Loki, merci pour ton retour,
C’est vrai j’ai la passion de la mer, que j’ai la très grande chance de voir tous les jours par mes fenêtres, mais pas vraiment la passion des fenêtres, leur reconnaissant leur rôle de vecteur vers l’infini. Mais je reconnais que la mer vue à travers des fenêtres est magnifique et fait toujours rêver. Peut être est ce l’infini vu à travers un cadre limité?
Le tableau de Dali est effectivement magnifique et c’est ce Dali là que j’aime. Oui les yeux sont bien la fenêtre de l’âme, et peu de choses invitent autant au voyage, à l’évasion et à la contemplation que la mer, ou l’océan