Il y avait pas un bruit dans le métro, pourtant il était plein. Seulement quelques raclement de gorges, le bruit des rails quand le métro avance et le bruit des portes ainsi que le signal pour repartir. Sinon rien. J’imagine le métro il y a 35 ans de cela, ce n’était pas pareil. Les téléphones se sont accaparés des êtres pour en faire juste un décor. Ils sont tous sur pause, fixant leur téléphone. Personne ne se parle, cela paraît logique. L’homme veut son confort et s’individualise, pourtant il a besoin de l’autre, fatalement.
C’est assez drôle. Malgré cette légère critique, les hommes du métro ont besoin qu’il y ai du monde de façon régulière dans le métro. Une énergie se dégage, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’échanges verbaux, qu’il n’y a pas d’énergie. Cela rassure les gens d’être entourés de monde. Et puis il y a de la vie quelques fois : quand des touristes espagnols parlent forts, qu’une clocharde fait des aller retour pour faire la manche, quand un jeune guitariste joue de la guitare. C’est pas mal le guitariste. Évidemment il n’y a pas que ça. Ce qui est agréable c’est quand on chope un sourire à une personne et qu’il se dessine dans notre tête et un peu sur l’âme. Souriez aux gens quelquefois, c’est gratuit et naturel.

Tu as raison le métro il y a 35 ans n’était pas le même !
Moi qui l’ai bien connu à cette époque et bien avant je peux en témoigner.
Comme Proust avec sa madeleine, j’ai le souvenir de l’odeur électrique qui régnait dans les stations et de la dureté, des banquettes en bois…
Les téléphones portables n’avaient pas encore sévi et les passagers lisaient des livres ou des journaux.
Autre madeleine de Proust, les hommes, le lundi qui lisaient avec passion « l’Equipe ».
Si les banquettes aujourd’hui sont plus molles, mais aussi plus sales, malheureusement les esprits de nos contemporains sont aussi devenus plus mous.
Mon cœur se déchire, quand je rentre dans un wagon et aperçois tous ces zombis penchés sur leur portable ! L’autre jour, j’ai vu un jeune en train de lire, je l’aurais presque embrassé…
Un jour, j’ai tenté l’expérience de dire bonjour à la cantonade en rentrant.
Les têtes se sont levées n’ont pas pour me répondre, mais pour me fixer sévèrement. J’avais compris qu’il me prenait pour un débile. Cela n’a pas duré longtemps. Les yeux se sont rabaissés sur leurs écrans pour continuer à se gaver d’inutilités.
Mais tout n’est pas aussi négatif !
Je me réjouis, quand je vois des touristes heureux de visiter Paris qui discutent en riant dans la rame. Ou bien quelques accordéonistes roumains qui s’escriment à faire de la musique pour gagner quelques euros devant une masse inerte de zombis indifférents.
Et quel plaisir de voir ces voyageurs, courir après un métro qui redémarre, alors que le prochain est à deux minutes. Je ne cesse d’être en admiration devant ces jeunes qui enjambent les portillons ou se contorsionnent pour se glisser sous les barres. J’exulte quand je vois ces parasites, coincés ensuite, au détour d’un couloir par une équipe de contrôleurs ! Après tout, je suis un vieux schnock qui persiste à sourire et à payer son billet…
J’ai bien aimé ce décor si bien planté, cette salade de saison qui nous entrainerait volontiers vers des réflexions existentielles.
Je crois que Loki a tout dit alors je vais m’abstenir.
Je crois qu’il aurait mieux valu publier ce texte dans la rubrique “Essais” plutôt que dans celle des “Nouvelles” car cela n’a rien d’une nouvelle.
Ce n’est pas bien grave au demeurant.
Enfin, je suggère un petit balayage avant publication pour éliminer pas mal de fautes d’orthographe (5).
Il reste toujours possible de modifier son texte en cliquant sur “Modifier” juste au dessus de la boîte de commentaires.
De nouveau merci pour ce texte.