Ah ! La la ! Dit le pétale
Qui virevolte sur le pré déjà si loin de l’amandier
Ah ! La la ! Dit le mistral qui l’emporte
Que ne puis-je choisir le sens de mon souffle puissant
Ah ! La la ! Dit le ruisseau contraint au creux de sa vallée
Que ne puis-je gravir les flancs de la montagne
Ah ! La la ! Dit le roc fort et altier
Que ne puis-je sauter gambader dans les champs
Ah ! La la ! Dit la goutte de pluie s’aplatissant au sol
Que ne n’ai-je pu rester au sein de mon nuage
Ah ! La la ! Dit l’oiseau
Les ailes déployées je monte et je descends
Je vais à droite et vais à gauche
Je vole librement
Et choisis l’arbre où me percher
Pour dominer le monde
Je ne crains pas le vent et rien ne peut m’empêcher
Mais que ne puis-je jouir encore
Du bonheur douillet du nid de mon enfance

C est charmant, merci Chamans!
Ah ! La la ! Chamans ton texte est comme mélopée.
Sa structure répétitive et mélancolique est une sorte de litanie où tous les éléments de l’environnement se plaignent et arrivent successivement !
L’interjection « Ah ! La la ! », agit comme un refrain traduisant une lassitude partagée.
Le point de rupture intervient avec l’oiseau. Contrairement aux autres, il possède la liberté de mouvement, la maîtrise de l’espace et la hauteur sur le monde. Il semble être l’exception à la règle du « destin subi ».
Mais que ne puis-je jouir encore
Du bonheur douillet du nid de mon enfance
Pourtant, la chute de ton poème est ironique : même l’être le plus libre est enchaîné à un regret. Sa nostalgie du « bonheur douillet du nid » montre que la liberté a un prix : la perte de la sécurité et de l’innocence.
Merci pour cette mélopée !
Très joli, beaucoup de fraîcheur et de légèreté dans ce poème !
Je ne sais pas pourquoi, dès le début, je l’ai lu avec en tête l’air de la chanson “Le baiser” d’Alain Souchon, qui convient très bien à cette légèreté, je trouve, Ah ! la la !
Et puis, la description de tous ces éléments de la nature et le vol de l’oiseau m’ont fait penser à cette remarque entendue récemment :
“La nature est tellement bien faite qu’elle a fait passer les fleuves et les rivières sous les ponts.”