Entre flot et jusant

Entre houle et ressac

Couleurs et regard jaillissent s’étalent se noient ensemble

On ne sait plus ce qui était ce qui ne sera plus

Œil blanc miroitant

Rien n’existe vraiment

Inlassable émergence étrange sensation

Ô Lune vivante

Bruits fiers maladroits vont viennent se cognent s’étouffent avalés par l’écume

Vent saoul titubant lave bouillonnante affamée se figeant

Tout semble infini à respirer

Petits cris fragiles subtils voletant çà et là

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dentelle vagabonde de nuages brodés

Bateau esquisse hésitant lumière endormie

Ombre d’un pêcheur immobile évanouie

Tout s’embarque se débarque se lasse arrive s’ennuie s’efface

Infime invisible immense jouant à l’envi

Plage noire somnambule

Ondoyants s’y promènent deux trois vers de Guillevic

Danse arc-en-ciel à la rime étincelle

Souvenances pirouettes

Flux incessant planant doucement

Supplique sauvage lointaine tout près si près qu’on pourrait presque s’en couvrir

Grand manteau hypnotique sur nos vieilles peaux usées

Pensées vagues flottantes égarées n’importe où allant on ne sait où

Entre houle et ressac

Entre flot et jusant…