C’est un ruban continu d’asphalte
De voitures, de vélos, de piétons,
De touristes qui aux cafés font halte
Las de leur visite en marathon
Sur le trottoir, des étals de fruits
Montés le matin à la sauvette
Attirent les badauds dans le bruit
D’un camion livrant une supérette
Des Africains patientent au coiffeur
D’autres palabrent, hilares et bavards
Là tapinent des Chinoises à toute heure
Arpentant sans cesse le boulevard
Le soir, les avenues se remplissent
De jeunes qui debout sirotent des bières
De SDF qui dans un coin pissent
Des intellos les soirs de première
Très tard dans la nuit quelques rires fusent
Un drogué au crack fait les cent pas
Bras croisés, parle de façon confuse
Puis grignote des restes de repas
Tôt le matin, les hommes d’entretien
Aspergent les caniveaux, les trottoirs
Pour effacer les excès d’un soir
Et redémarrer le quotidien

