Ô Maroc, pays du “comme avant”,
Où les partis politiques sont des disques rayés,
Ils promettent l’emploi, la santé, le savoir,
Puis recommencent, imperturbables, à les oublier.
Le chômage, ici, est une tradition séculaire,
Les jeunes diplômés tendent leur CV au vent,
Les partis, en campagne, parlent de politique exemplaire,
Mais les offres d’emploi sont des mirages ambulants.
Les hôpitaux publics sont des musées du silence,
Où les malades attendent, assis sur des bancs de pierre,
Les ministres promettent des révolutions immenses,
Mais les seringues restent vides, les rayons, des cimetières.
Les écoles, elles, sont des copies conformes,
Des manuels jaunis, des tableaux effacés,
Les partis jurent qu’ils réformeront les normes,
Puis les réformes s’endorment, jamais commencées.
Chaque élection est un éternel retour,
Les mêmes visages, les mêmes serments,
Le peuple, en spectateur résigné, fait le tour,
Et rentre chez lui, les poches pleines de néant.
Ô Maroc, ton plus grand talent est l’immobilisme,
Tu danses sur place, tu tournes en rond,
Les partis politiques sont des chimères, des syllogismes,
Et nous, on t’aime, malgré tes chansons.
Badr Alaoui Mrani 🐦


Désolant cet état des choses décrit et dénoncé à juste titre !
Mais le “pourquoi” de cet état des choses indigne des marocains mérite de s’y arrêter largement..
amicalement
BadraAlouiMrani bienvenu !
Ton texte résume bien l’état de ton pays.
Tout le monde n’a pas la chance d’être né en France…Mais nombreux sont les Français qui râlent et se plaignent de leur pays.
La colonisation se discute à juste titre, mais on aurait pu espérer qu’ensuite les pays auraient pu prospérer et leurs habitants bénéficier des richesses minières, touristiques et du potentiel d’une jeunesse dynamique.
Mais il n’en a rien été tout a été monopolisé au profit d’une classe dominante. La situation est identique en Tunisie et en Algérie. Cette dernière est devenu une dictature assise sur un monceau d’or.
Pour le reste de l’Afrique on peut faire le même constat pour certains pays, en pire. Les dirigeants se gavent, alors que les peuples croupissent dans la misère.
Les nouveaux colonisateurs sont les Russes et surtout les Chinois..
Où sont les lendemains qui chantent ?
Merci Badr Alaoui Mrani pour ce poème limpide et réaliste d’une société que je connais mal mais dont j’ai des échos par mes collègues marocains.
Il y a effectivement un hiatus entre l’image hypermoderne d’un pays qui réalise des infrastructures de pointe et le quotidien des gens de la rue qui ne bénéficient pas du ruissellement de l’expansion économique.
J’aime bien la construction du poème qui visite les différents thèmes dans lequel l’immobilisme apparait avec une fin adoucie sur l’amour de son pays.
J’aimerais bien un autre poème avec les aspects positifs de ce pays qui semble être un eden pour bon nombre de français: la douceur de vivre, les paysages….
Je ne saurais mieux dire que notre camarade Barloy et je partage grandement son avis autant sur le Maroc que, surtout, sur ce texte.
Ce n’est tout de même pas le Moyen-Âge et il existe aussi des aspects encourageants, come l’IDH (Indice de Développement Humain). Si cela vous intéresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_IDH vous saurez tout sur le Maroc et sur les autres et sur la progression ou la régression des uns et des autres.
Ceci dit, je ne voudrais pas que ce site devienne une tribune politique (dans les textes ou surtout dans les commentaires) car je crains qu’on atteigne rapidement le point Godwin… ou quelque chose de semblable. Il existe pour parler politique plein de forums faits pour ça et pour nous accueillir afin de bêler avec les agneaux et/ou de hurler avec les loups.
Joli poème bien écrit cependant, pour moi.