Ô Maroc, pays du “comme avant”,
Où les partis politiques sont des disques rayés,
Ils promettent l’emploi, la santé, le savoir,
Puis recommencent, imperturbables, à les oublier.
Le chômage, ici, est une tradition séculaire,
Les jeunes diplômés tendent leur CV au vent,
Les partis, en campagne, parlent de politique exemplaire,
Mais les offres d’emploi sont des mirages ambulants.
Les hôpitaux publics sont des musées du silence,
Où les malades attendent, assis sur des bancs de pierre,
Les ministres promettent des révolutions immenses,
Mais les seringues restent vides, les rayons, des cimetières.
Les écoles, elles, sont des copies conformes,
Des manuels jaunis, des tableaux effacés,
Les partis jurent qu’ils réformeront les normes,
Puis les réformes s’endorment, jamais commencées.
Chaque élection est un éternel retour,
Les mêmes visages, les mêmes serments,
Le peuple, en spectateur résigné, fait le tour,
Et rentre chez lui, les poches pleines de néant.
Ô Maroc, ton plus grand talent est l’immobilisme,
Tu danses sur place, tu tournes en rond,
Les partis politiques sont des chimères, des syllogismes,
Et nous, on t’aime, malgré tes chansons.
Badr Alaoui Mrani 🐦

