C’est pourtant bien confortable
Lorsqu’on est nouveau venu
Avec fauteuils, chaises et tables
On nous souhaite la bienvenue
Les résidents nous ignorent
Le regard éteint ou mort
Ils semblent posés au hasard
Echoués sur leur chaise roulante
En plein milieu du bazar
Des employées ambulantes
Plus haut dans tous les étages
Les portes entrebâillent d’ennui
Sur la misère du grand âge
Certains en chemise de nuit
Sont allongés dans le noir
Ressassant le temps passé
Qui a filé dans l’entonnoir
Des clepsydres d’une vie pressée
D’autres esquissent un pas de danse
Sur le disque d’un vieux chanteur
Roucoulant une romance
Avec beaucoup de lenteur
Certains errent dans les couloirs
Répétant des mots sans cesse
Naufragés de la mémoire
D’une très lointaine jeunesse
Ils nous semblent bien étrangers
Dans ce paisible mouroir
Que nous redoutons autant
Mais ils ne sont qu’un miroir
Du futur qui nous attend
Et où nous sommes engagés

Bienvenue BARLOY !
On parle beaucoup des EHPAD mais on agit peu…
Par une écriture simple mais d’une grande justesse évocatrice, ton poème transforme une visite en Ehpad en une méditation poignante sur la condition humaine, le vieillissement et notre propre finitude.
Ton poème offre une plongée saisissante et contrastée dans l’univers d’une maison de retraite, oscillant entre le confort matériel apparent et la détresse existentielle profonde de ses résidents.
Poignant !
Bonsoir Barloy,
Oui, moi aussi il m’arrive de penser au futur ; pas marrant ces perspectives !
Heureusement tous les hébergements de personnes âgées ne sont pas aussi tristes ; il y en a ( rares peut-être) où un jardin entoure la maison, où la nourriture est soignée ; où le personnel s’occupe des résidents, où des activités sont organisées…
Malheureusement, d’une façon générale, les subventions dans ce domaine, ainsi que pour les crèches, les écoles et un tas de secteurs, diminuent actuellement chez nous. (j’habite en Belgique)
Oui une triste existence pour certains mais heureusement tous les EPHAD ne sont pas aussi tristes, heureusement. Clémentine.
Bonjour, merci de vos commentaires. N’hésitez pas à faire des critiques sur le poème: pour ma part, je ne suis pas satisfait d’une strophe trop longue que je ne suis pas arrivé à scinder pour alléger le texte.
Un poème triste et nu qui, pour moi, évoque bien ce que j’ai ressenti chaque fois dans ces établissements, en dépit de la qualité des soins et de l’engagement des gestionnaires, même quand ces derniers ne souhaitent pas seulement faire du fric avec la vieillesse.
Oui, c’est un texte très réaliste.
Pour le côté poétique, je regrette pour ma part uniquement le dernier vers que je trouvé un peu “forcé” pour accéder à la rime. Tout le reste me paraît vraiment de bonne facture. Merci pour ce texte !
Merci Hermano pour ta remarque sur le vers final effectivement “plat”. Je vais sans doute retravailler ma chute. Le thème et le parti pris peuvent apparaître faciles et manichéens, mais j’ai cherché à traduire ce que je ressens chaque fois que je vais voir un proche qui est dans cette situation. En tout cas, merci pour tes commentaires