Dans mon petit meublé de la rue Tholozé
Assis sur une chaise, tout près de la fenêtre
Je regardais Nina qui dormait dans le lit,
Ses beaux cheveux défaits submergeaient l’oreiller
D’une vague ébène qui semblait déferler.
Son corps d’un blanc d’albâtre lascivement lové
Sur le champ de bataille où elle m’avait vaincu.
Je regardais son corps, désirable, alangui
Promesse de nuits blanches et de tant de passions
Ne pouvant concevoir que cette douce offrande
Fût à moi destinée, fisse partie de moi.
Je jetais un regard par la fenêtre ouverte
Qui donnait sur la cour, une cour grise et triste
Loin de mon paradis et de ma valkyrie.
Les fenêtres d’en face étaient aussi ouvertes
La faune de Montmartre y vivait, s’affairait,
Pensionnaires comme moi de cet hôtel miteux.
Je regardais Nina, ses jolis yeux d’opale
Irisés et changeants m’observaient tendrement
Elle se réveillait, s’étirait, si gracieuse
Se leva doucement en dévoilant son corps.
Elle vint jusqu’à moi, se lovant dans mes bras
Je sentis contre moi ses beaux seins blancs et chauds
Ma main coula émue jusqu’au bas de ses reins
Sa bouche se posa sur mes lèvres entrouvertes
Elle y glissa sa langue, me fixant de ses yeux
Rieurs et caressants. Dans la petite chambre
Les vieux murs délavés se revêtirent d’or.
Me fixant longuement de son regard très doux,
Ses yeux avaient encore changé de couleur
Elle me dit soudain, la voix un peu voilée
Tu sais mon cher fiancé, nous souffrirons un jour
Il n’y a pas d’amour dont on ne sorte indemne
Il faudra que tu me pardonnes mon amour.
Mais sache que tu seras à jamais dans mon cœur.
De ce jour j’ai compris qu’elle me quitterait


Le titre « Hôtel des arts » est déjà tout un programme !
Je m’interroge, est-ce l’histoire d’une rencontre avec une péripatéticienne, un bon coup ou un coup de foudre qui sait immédiatement concrétisée ?
Quoi qu’il en soit, il y a une opposition tragique entre cette rencontre qui semble être magique pour l’homme et le lieu où se déroule cette nuit d’amour.
Cette poésie relate magnifiquement l’opposition entre la sordidité des lieux (petit meublé ou hôtel miteux ??) et la pureté apparente de cet amour.
Hello Loki,
Çà a été une très belle histoire d’amour quand je vivais à Paris dans ma jeunesse. Nina était une fille de joie, amatrice, qui faisait ça pour payer son loyer. Nous sommes restés qq années ensemble. D’ailleurs le Pont des Arts publié ici narre la fin de notre histoire quand elle est repartie pour l’Italie. . Nous nous sommes connus dans cet hôtel, l’Hôtel des Arts à Montmartre, qui existe d’ailleurs toujours mais qui bien sûr a été rénové depuis. Je publierai d’autres poèmes nous concernant, elle a été importante pour moi.
Merci pour ton commentaire
Loki,
(petit meublé ou hôtel miteux ??), c’était en fait un hôtel, je l’ai appelé meublé car il avait tout l’air d’un petit meublé du vieux Montmartre. J’y vivais lors de mon arrivée à Paris.
Pour peaufiner ce texte émouvant, je te propose quelques corrections :
Sur le champ de bataille où elle m’avait vaincu.
Fût à moi destinée, fît partie de moi.
Je jetai un regard par la fenêtre ouverte
Se levait doucement en dévoilant son corps.
Loki, merci pour les corrections, même en relisant…je laisse des fautes. Par contre “jetais” étant à l’imparfait, je pense que l’orthographe est juste, confirme moi
Je pense que tu as raison c’est l’imparfait c’est en concordance avec “je regardais”.
Moi aussi malgré de nombreuses relectures de moi et d’autres yeux je laisse passer des fautes…
Je suis content que l’on me les signale afin que je puisse les corriger !