Noce de fiel
Fêlure d’un temps souillé,
rouille d’un futur ostensoir déserté,
cambrure du temple silencieusement brisée.
Mentir sur les issues de la chair,
caresser l’élan d’un amour perfide,
là où la prière s’étouffe
et la lumière se mutile.
Cartographie de l’esprit
d’une chaste ogive,
d’une voûte crispée.
Noce de fiel.
Danse putréfiée.
Fumure des grands jours.

Y-at’il un rapport avec “Lune de fiel” de Pascal Brukner ?
Peut-on échapper à la monotonie du couple ? Esquiver l’ennui par l’adoration, la lassitude par l’érotisme ? Telle est la question implicite que se posent les personnages de ce roman à bord du paquebot qui, dans les derniers jours de l’année 1979, les mène de Marseille à Istanbul.
Bonjour Loki,
Je ne connais pas Lune de fiel, mais j’aime bien quand un lecteur voit des échos que je n’avais pas prévus. Le poème, lui, vient d’un autre terrain : une noce fissurée, plus symbolique que narrative.
Pas drôle ce poème. Mais il dégage une puissance qui nous emporte, comme une voix qui monte vers d’étranges voûtes qui n’ont pas renvoyé l’écho escompté.
Très fort je trouve.
Merci beaucoup Chamans pour les bons mots.
Oui, de la puissance dans ces mots, même si je n’en saisis pas toujours le sens.
J’ai l’impression d’une écriture automatique, ou l’auteur laisse venir les mots que la rage, la colère ou le dépit lui inspirent et les couche là, comme une sorte de litanie. Oui, c’est un procédé d’écriture qui ouvre bien des portes pour le lecteur et qui ne me déplaît pas de temps en temps !
Merci Hermano pour la lecture attentive.