De grands pélicans blancs planent dans l’air brûlant
Survolant indolents les longues plages blanches
Deux filles Danakils marchent nonchalamment
Dans l’écume de mer en ondulant des hanches
Le soleil est très haut, sous de rares épineux
Des hommes avachis s’abrutissent de khat
Aujourd’hui comme hier le ciel restera bleu
Aucune eau salvatrice ne tombera des cieux
La ville somnolente s’éveillera plus tard
Quelques chèvres isolées dégustent les cartons
Abandonnés au sol par les femmes Afar
Un cul de jatte usé gueuse sur le grand quai
quelques sous de monnaie ou un peu de poisson
Ici les nuits sont chaudes… et c’est toujours l’été


Bonjour Claude Lougarou,
On ressent bien dans ton poème et en particulier dans cette saison actuelle de sècheresse l’aridité du paysage que tu décris et l’immobilisme du temps et des populations indolentes. Les occidentaux ont toujours considéré l’indolence des populations des pays africains comme de la paresse alors qu’il ne s’agit que d’une adaptation du corps humain à des températures extrêmes que nous commençons seulement à connaître. Avec l’expérience que tu sembles avoir, le désert du Danakil est-il finalement un enfer ou peut on le considérer comme le pays heureux de l’éternel été?
Description quelque peu exotique mais réaliste des personnages silencieux et résignés à leur sort…
Mais le tableau spatio-temporel est magnifiquement brossé ..!!
Ami poète plein de talent je te salue !!