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    Hermano
    Maître des clés

    Mercredi 26 mars 25   –  Christian Galiana                                                          Poésie volcanique

    En marron mes propositions à garder secrètes…

      Acrostiche du mot volcan

    D’abord 1 seul mot par ligne, inspiré par un volcan, puis 1 phrase par ligne

    V… … …    vociférer
    O… … …  
    outrage
    L… … …    lave
    C… … …    cratère
    A… … …   
    apocalypse
    N… … …    nuages

    10
      Écrire quelque chose avec tout ça … … 15-25
      Lecture 5-30
      Portrait chinois du volcan Expliquer portrait chinois ou faire expliquer par quelqu’un.
    (1 minutes par thème – énoncer les thèmes 1 par 1 et on peut éventuellement donner plusieurs réponses)

    Si c’était …

         …       un adjectif fusionnel, éruptif, caractériel

         …       quelque chose qu’on ressent (une émotion ou un sentiment : fureur, colère, …)

         …       une fleur oiseau de paradis, orchidée

         …       une musique la Danse du feu

         …       un objet cafetière, tajine

         …       un personnage connu ou pas Vulcain, Danton, Tazieff, Madonna

         …       une œuvre d’art la Sainte chapelle, Guernica, le Cri de Munch

         …       un verbe exploser, asphyxier, rougeoyer

         …       un métier pompier, forgeron, soudeur à l’arc

         …       un film apocalypse now,

         …       un adverbe     …  un péché    ….  un voyage    …  une couleur    

    Laisser une minute ou deux pour compléter ses réponses.

    12-40
      Avec ce que l’on vient d’écrire, choisir 10 mots qui peuvent caractériser le plus un volcan. Pour chaque mot retenu, trouver des mots ayant la même consonnance. 10-50
      Avec le premier mot et un ou plusieurs mots qui en ont découlé :

    Écrire une ligne plutôt courte comme un vers dans un poème cette première ligne doit commencer par le mot “Si” (pas forcément cohérent, pas forcément sujet verbe complément, plutôt en touches “impressionnistes, comme dans un haïku par exemple”

    Avec le deuxième mot, pareil, etc. jusqu’au 10eme mot inclus.
    Attention la 4eme ligne doit commencer par “Suppose” et la 8eme par “Un jour“.

    20-70
      On obtient une sorte de poème, à arranger, à améliorer, changer l’ordre des lignes, arranger les mots, ajouter du lien si nécessaire, … 10-80
      FUSION … volcanique … ? À deux, alterner les lignes de son poème avec celui de l’autre
    .
    (sur une nouvelle feuille, l’un choisit une ligne de son “poème” et l’écrit, puis l’autre fait de même et ainsi de suite OU – plus facile – chacun écrit alternativement une ligne du début à la fin de son “poème” pour constituer un nouveau poème. Si nombre impair de participants, faire une photo d’un texte (ou plusieurs) que je mélangerai avec le mien !
    15-95
      Lectures.  Lire éventuellement les poèmes d’Aimé Césaire et de Pablo Neruda. 10-105

     

     

    C’était par une nuit de pleine lune…

    Tout autour, il n’y avait que le silence…

    Les torrents s’étaient mués en eaux calmes,

    et nous descendions comme deux douces rivières

    vers ce confluent annoncé par les sages.

    Tu le savais, je le savais aussi.

    Comme deux anges, nous avancions

    et dans mon miroir c’est toi que je voyais,

    tu as attrapé ma main.

    Tu le savais, je le savais aussi.

    On allait faire bouillir de colère

                                           nos épidermes.

    Christian – 11/02/25 – Bègles

     

     

     Poèmes sur les volcans

     

    Dorsale bossale           Aimé Césaire

    il y a des volcans qui se meurent

    il y a des volcans qui demeurent

    il y a des volcans qui ne sont là que pour le vent

    il y a des volcans fous

    il y a des volcans ivres à la dérive

    il y a des volcans qui vivent en meutes et patrouillent

    il y a des volcans dont la gueule émerge de temps en temps

    véritables chiens de la mer

    il y a des volcans qui se voilent la face

    toujours dans les nuages

    il y a des volcans vautrés comme des rhinocéros fatigués

    dont on peut palper la poche galactique

    il y a des volcans pieux qui élèvent des monuments

    à la gloire des peuples disparus

    il y a des volcans vigilants

    des volcans qui aboient

    montant la garde au seuil du Kraal des peuples endormis

    il y a des volcans fantasques qui apparaissent

    et disparaissent

    (ce sont jeux lémuriens)

    il ne faut pas oublier ceux qui ne sont pas les moindres

    les volcans qu’aucune dorsale n’a jamais repérés

    et dont de nuit les rancunes se construisent

    il y a des volcans dont l’embouchure est à la mesure

    exacte de l’antique déchirure.

     

     

    https://lesvoixdelapoesie.ca/lire/poemes/dorsale-bossale

     

     

    Après tout, je vais te chérir

    Comme c’était toujours avant,

    Comme si, à force d’attendre,

    Sans te voir, sans que tu arrives,

    Tu étais perpétuellement

    À respirer, là, près de moi.

     

    Près de moi, avec tes coutumes,

    Avec ta couleur, ta guitare,

    Comme voisinent les pays

    Dans les leçons des écoliers,

    Où deux provinces se confondent,

    Où un fleuve en côtoie un autre,

    Où deux volcans croissent ensemble.

     

    Près de toi, oui, c’est près de moi,

    Et loin de tout est ton absence,

    Et la lune est couleur d’argile

    La nuit, lorsque tremble la terre,

    Lorsque dans la terreur du sol

    S’assemblent toutes les racines

    Et qu’on entend dans le silence

    Jouer la musique de l’effroi.

    La peur est aussi un chemin.

    Et sur ses pierres terrifiantes,

    La tendresse, avec quatre pieds

    Et quatre lèvres peut marcher.

     

    Car sans s’éloigner du présent

    Qui est un anneau délicat

    Nous touchons le sable d’hier,

    Et l’amour dans la mer enseigne

    L’impétuosité répétée.

    Pablo Neruda, in La Rose Détachée.

    https://lireditelle.wordpress.com/2019/04/18/integrations-pablo-neruda/

     

     

     

    Autre traduction :

    Pablo Neruda : Fusions

    Après tout je t’aimerai Comme si c’était toujours avant Comme si à force d’attendre Sans te voir sans que tu viennes Tu étais éternellement En train de respirer près de moi.

    Près de moi avec tes habitudes Avec ta couleur et ta guitare Comme sont ensemble les pays Dans les leçons de l’école Et deux contrées se confondent Et il y a un fleuve près d’un fleuve Et deux volcans s’élèvent ensemble.

    Près de toi c’est près de moi Et loin de tout est ton absence Et la lune est couleur d’argile Dans la nuit du tremblement Quand dans la terreur de la terre S’assemblent les racines Et l’on entend tinter le silence Avec le son de l’épouvante. La peur est aussi un chemin. Et entre ses pierres effrayantes La tendresse peut marcher à quatre pieds et quatre lèvres.

    Car sans s’éloigner du présent Qui est une bague délicate Nous touchons le sable d’hier Et dans la mer l’amour évoque Une fureur incessante.

    https://www.tisseursdemots.org/Pablo-Neruda-Fusions.html

     

     

    Que ne t’atteigne ni la nuit ni l’air ni l’aurore,
    seulement la terre, la vertu des grappes,
    les pommes qui poussent en entendant l’eau pure,
    la boue et les résines de ta terre odorante.

    Depuis Quinchamali où tes yeux furent faits
    jusqu’à tes pieds créés pour moi à la Frontera
    tu es la glaise obscure que je connais :
    tout le blé je le touche à nouveau sur tes hanches.

    Et peut-être ignorais-tu, mon Araucane,
    que lorsque avant de t’aimer j’oubliai tes baisers
    mon cœur garda le souvenir de ta bouche

    et je fus par les rues pareil à un blessé
    jusqu’à comprendre, mon amour, que j’avais découvert
    mon territoire de baisers et de volcans.

    ***

    No te toque la noche ni el aire ni la aurora,
    sólo la tierra, la virtud de los racimos,
    las manzanas que crecen oyendo el agua pura,
    el barro y las resinas de tu país fragante.

    Desde Quinchamalí donde hicieron tus ojos
    hasta tus pies creados para mí en la Frontera
    eres la greda oscura que conozco :
    en tus caderas toco de nuevo todo el trigo.

    Tal vez tú no sabías, araucana,
    que cuando antes de amarte me olvidé de tus besos
    mi corazón quedó recordando tu boca

    y fui como un herido por las calles
    hasta que comprendí que había encontrado,
    amor, mi territorio de besos y volcanes.

    (Pablo Neruda)

    https://arbrealettres.wordpress.com/2019/12/21/que-ne-tatteigne-pas-lair-laurore-la-nuit-pablo-neruda/

     

    ODE AU CUIVRE   Pablo Neruda

    Le cuivre

    endormi, là.

    Ce sont les pics du nord

    désolé.

    Là-haut

    les cimes

    du cuivre,

    cicatrices farouches,

    manteaux verts,

    coupoles rongées

    par l’assaut

    incendiaire du temps,

    près

    de nous,

    la mine :

    la mine n’est que l’homme,

    il ne sort pas

    de la terre,

    le minerai,

    il sort

    de la poitrine humaine,

    c’est là

    qu’on touche

    la forêt morte,

    les artères

    du volcan

    arrêté,

    on tâte

    la veine,

    on perfore,

    et

    explose

    la dynamite,

    la roche se déverse,

    se purifie ;

    c’est la naissance

    du cuivre.

    Avant, personne ne saurait

    le différencier

    de la pierre maternelle.

    Maintenant

    il est homme,

    partie de l’homme,

    lourd pétale

    de sa gloire.

    Maintenant

    il n’est plus vert,

    il est rouge,

    il s’est changé en sang,

    en sang dur,

    en cœur terrible.

    Je vois

    tomber les montagnes,

    s’ouvrir

    le territoire

    en rageuses

    cavités brunes,

    le désert, les maisons

    transitoires.

    Le minerai

    au feu,

    aux coups,

    à la main,

    s’est converti en lingots militaires,

    en bataillons de marchandise.

    Les vaisseaux sont partis.

    Où parviendra

    le cuivre,

    ustensile ou fil électrique,

    personne

    en le touchant

    ne verra les solitudes

    escarpées du Chili,

    ou les petites maisons à l’orée

    du désert,

    ou les carriers orgueilleux,

    mon peuple, les mineurs

    qui descendent dans la mine.

    Moi je souffre.

    Je connais.

    Le fait

    est que sur tant de dureté,

    hors des excavations,

    blessure et explosion, sueur et sang,

    quand l’homme,

    mon peuple,

    le Chili,

    domina la matière, sépara de la pierre

    le minerai gisant,

    il s’en fut à Chicago

    se promener,

    le cuivre

    se convertit en chaînes,

    en sordide machinerie

    du crime,

    après tant de luttes

    pour que ma patrie le mît bas,

    après sa glorieuse,

    virginale naissance,

    on en fit l’aide de la mort,

    on le durcit et on le promut

    assassin.

    Je demande

    à la cordillère abrupte,

    au littoral

    désertique, secoué

    par l’écume

    de la mer déchaînée du Chili,

    est-ce pour ça

    que notre cuivre

    dormait

    dans l’utérus vert

    de la pierre ?

    Est-il né pour la mort ?

    À l’homme,

    le mien,

    à mon frère

    de la cime hérissée,

    je demande

    est-ce pour ça

    que tu l’as fait naître dans la douleur

    Pour qu’il soit

    cyclone menaçant,

    tempétueux malheur ?

    Pour qu’il démolisse

    les vies

    des pauvres,

    d’autres pauvres,

    de ta propre famille

    que peut-être tu ne connais pas

    et qui est répandue

    dans le monde entier ?

    Il est l’heure

    de donner le minerai

    aux tracteurs,

    à la fécondité

    de la terre future,

    à la paix du son,

    à l’outil,

    à la machine claire

    et à la vie.

    Il est l’heure

    de tendre

    la farouche

    main ouverte du cuivre

    à tout être humain.

    Aussi,

    cuivre,

    tu seras nôtre,

    ils cesseront de jouer

    avec toi

    aux dés,

    les pipeurs

    de la boucherie !

    Des pics

    abrupts,

    de la hauteur

    verte,

    sortira le cuivre du Chili,

    la plus dure récolte

    de mon peuple,

    la corolle

    incendiée,

    irradiant

    la vie

    et non la mort,

    propageant l’épi

    et non le sang,

    donnant à tous les peuples

    notre amour

    desenterré,

    notre montagne verte

    qui au contact

    de la vie et du vent

    se transforme

    en cœur sanglant,

    en pierre rouge.

    https://www.revuedesdeuxmondes.fr/wp-content/uploads/2016/11/41fd9615a774e07c3e3097c61873446e.pdf

     

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