Marchand de fables

Dans le faubourg
on l’appelle Troubadour
Sourire tatoué
Bleu
Sur le visage
Sans âge

Giflé par le froid
il traîne dès le matin
la misère et
son chien

Cherche
dans l’air du temps
une chanson qui tienne chaud

La vapeur de son souffle
seule
fait écharpe à son cou

Il veut
s’arrimer au merveilleux
Voler
à l’éther ses secondes blanches
Rompre le fer de sa détresse
La voir renaître princesse

Etre fidèle à son chien
Nourrir l’ami
pas le gardien

Sans matricule
il chevauche les crépuscules
au long des heures molles

Ses chaussures moroses
aimantées au pavé
lustré par l’humidité
l’emmènent dans le soir

Revoir

Le Marchand de fables
jaillit là
Spectre de foire

Il vend
du rêve à rouler
des écharpes de fumée
Trafique le temps
avec son harmonium
ses notes d’opium

Troubadour
chante la nuit
Bleue
N’a plus froid

Sur un tapis volant
Survole le néant
Déserte le maintenant
La tête sur les genoux
d’avant