Ce poème est pour toi tomate
Apportée par les conquistadors
Trésor volé aux hommes au ton mat
En salade ou en ragoût je t’adore
Attachée au tuteur, quel supplice
Tu rougis sous un soleil ardent
Le temps fait de toi un délice
Qui croque puis fond sous la dent
Rien que l’odeur de tes vertes feuilles
Réveille en moi des souvenirs d’enfant
D’estragon, de persil que je cueille
Dans le potager, triomphant
Plus tu es craquelée et laide
Plus nous prenons grand soin de toi
Nous te guidons, t’amenons de l’aide
Pour te déguster de bonne foi
Là, tes saveurs chaudes et sucrées
Se mêlent au basilic et au thym
Pour sublimer de belles pâtes nacrées
Et créer un mémorable festin


Bonsoir Poète :
un hommage enjoué et bien mérité à madame Tomate la douce , la conviviale ,la juteuse !
un soupçon d’histoire , un bref souvenir d’enfance font aussi partie de cette sauce tomate ô combien délicieuse ..!!
Le poète chante tout !! et il a bien raison !!
Ah la tomate ! une représente des solanacées. Qui pourrait-croire qu’elle cohabite dans cette famille avec la pomme de terre, l’aubergine, le poivron et le piment ?
Sa robe souvent pourpre méritait bien un poème !
Ton poème BARLOY célèbre avec simplicité et gourmandise un fruit du quotidien devenu trésor culinaire. En mêlant l’histoire (l’arrivée de la tomate avec les conquistadors), le travail de la terre et l’éveil des sens (odeurs, couleurs, textures), tu transformes une humble tomate en une véritable Madeleine de Proust.
La progression — du potager jusqu’à l’assiette — invite à prendre le temps d’apprécier la nature, rappelant joliment que les imperfections (“craquelée et laide”) cachent souvent les plus belles saveurs. Un hommage chaleureux, savoureux et plein de nostalgie !
Cette tomate est un régal !
J’ai toujours adoré l’idée d’écrire sur des choses (ici cette tomate) absolument banales. C’est là que peuvent se nicher pas mal de visions vraiment poétiques, pleines de vérité et de simplicité.
Saint Augustin disait, je crois : le bonheur est de désirer ce que l’on possède déjà. Et, pour moi, ce regard nouveau sur ces choses qui nous entourent m’en fait apprécier tout le charme, toute la délicatesse, toutes les subtilités. C’est vraiment le début du bonheur !
A ce sujet, et dans la même veine, je recommande “Le parti pris des choses” de Francis Ponge.
Et, comme je n’ai jamais de vergogne à me citer moi-même, je t’encourage à lire mon petit couplet sur un autre légume (je sais, je sais, la tomate est un fruit, qu’il disent !) https://oasisdepoesie.org/textes-dauteurs/poemes/hermano/frustration-vegetale/
Un grand merci pour ce texte réjouissant !
P.S. L’évocation de l’odeur des feuilles vertes de la tomate, si particulière, me rappelle même qu’une fois, chez un assez célèbre créateur de cosmétiques (Laurence Dumont), j’ai vu (et senti) un parfum… à la tomate ! Véridique !
Il faut dire que cela se passait dans la région de … Marmande, fameuse pour ses fameuses et fameuses tomates.
Comme on dit, ça ne s’invente pas ; et pourtant ils l’avaient fait !
Apparemment, ce produit n’existe plus, mais je vois que la tomate sert encore dans les parfums : https://www.olfastory.com/matiere/feuille-de-tomate
Merci pour vos commentaires
L’inspiration m’est venue après une demi-journée à réaliser du coulis de tomates très mures et très appétissantes. Je cuisinais des tomates, je pensais tomate, je devenais la tomate!
Délicieusement vôtre
Merci Hermano pour ta contribution légumière avec ton poème sur le poireau!
Dépassant du cabas des mamies, ce légume est aujourd’hui considéré comme “ringard”; il désigne même un élément disgracieux de la peau, c’est dire.
Pourtant, il mérite ses lettres de noblesse en fondue sur les saint-jacques ou en flamiche.