Ce poème est pour toi tomate

Apportée par les conquistadors

Trésor volé aux hommes au ton mat

En salade ou en ragoût je t’adore

 

Attachée au tuteur, quel supplice

Tu rougis sous un soleil ardent

Le temps fait de toi un délice

Qui croque puis fond sous la dent

 

Rien que l’odeur de tes vertes feuilles

Réveille en moi des souvenirs d’enfant

D’estragon, de persil que je cueille

Dans le potager, triomphant

 

Plus tu es craquelée et laide

Plus nous prenons grand soin de toi

Nous te guidons, t’amenons de l’aide

Pour te déguster de bonne foi

 

Là, tes saveurs chaudes et sucrées

Se mêlent au basilic et au thym

Pour sublimer de belles pâtes nacrées

Et créer un mémorable festin