Cette certitude, elle me laissa pour bouture.
De ces beautés disparues, fût brisée mon armature.
Puis les blessures suturent
et de la vie, cette miraculeuse rature,
dresse à nouveau de belles cultures.
Leur muse, souvent avec désinvolture
leur donne crû, des réalités en capture.
Loin d’eux, alors la littérature.
Point alors ; leurs cœurs ; se ligaturent,
et coulent vermeil, leurs vers, en pointures !
Et sans teinture ou fioriture…
vous, érigent la sculpture ou la peinture,
ou vous livrent une créature
qui confond ou touche, votre propre nature !
Excalibur d’Arthur, sa faiblesse est droiture.
Il rie à sa sépulture ! il se sait miniature.
Mais à sa verve, point de ceinture !
Des maux d’un monde immature, il voit les tortures,
Il perçoit le Beau ou les Pourritures.
Et parfois, las, il prend silencieux une biture
ou à sa façon, caricature d’habiles dentures.
Seul, se sait le poète, des majorités, en rupture.
Pour toute lumière, il va avec ou sans monture
au devant de la vie : cette coûteuse aventure…
Gris clair ou gris foncé, parfois, il sature !
Muse, lui donne fieffées courbatures !
De ces quêtes universelles, elle le triture !
Alors sans flash, il lui tire des couvertures.
Pour lui réfléchir, avec horreur ou grâce, ces ouvertures .
L’instant, avant tout !, si fugace est le future.
Poètes des mots ou des sens, à vos écritures !

Bienvenue Kiverli
Ta présentation …
J’aime certaines poésies, les mots. J’aime jouer avec eux pour tenter de distraire, divertir ou toucher. Quand cela est atteint, cela s’appelle partager et c’est bien.
Le partage est réussi !
Tu nous apportes un poème rythmé et viscéral qui célèbre le poète comme un passeur de lumière, invitant chaque créateur à poursuivre son œuvre malgré la solitude, l’épuisement et les doutes. C’est une véritable ode à la persévérance artistique.
Ton texte résonne comme un plaidoyer vibrant pour la création. Construit sur une impressionnante série de rimes en « -ure », le poème martèle son message avec force et insistance : écrire n’est pas un simple loisir, mais un besoin vital, une posture face au monde.
Loki.
Merci pour ta pertinence qui capte très bien l’essence de ce poème.
On est poète, quant on écrit avec son cœur et ce quels que soient les mots.
La technicité des rimes est un plus ou peut être une difficulté.
La monorime plus encore car la forme peut se faire au détriment du fond, plus important.
Ce poème évite ce piège.
Merci à toi.
De ses mots , sa passion unique , le poète fait sa nourriture..!!
AtlassiMerci pour ton vers: ‘De ses mots , sa passion unique , le poète fait sa nourriture..!!’C’est une alchimie qui rend parfois, d’authentiques mixtures.De la vie tirer la substantifique moelle et la retranscrire,ou mieux, la vivre.Merci à toi.
J’ai bien aimé ce poème sur la poésie, qui m’a emporté, même sans voiture.
Il me rappelle que nous avons ouvert un jour une discusion sur la poésie ici : https://oasisdepoesie.org/discussions/hermano/poetique-ou-pas-poetique/
j’en recommande la lecture.
Il me rappelle aussi comment Pablo Neruda raconte si bien et si simplement comment il est venu à la poésie :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/la-poesie-20-2
Bonne lecture !
Hermano
Merci pour ton appréciation et des liens donnés pour ceux creusant la question.
Lectures faites.Sur la poèsie, chacun a sa vision,son ressenti.Le lecteur fait la différence, il aime ou pas, voire il exécre.
Sinon d’accord avec toi pour le poème de Pablo Neruda*, la simplicité, un style épuré susceptible de toucher le plus grand nombre, j’aime:
*”…et j’écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,”
Merci pour ton partage.