Elle a refermé la porte
Pour pas passer pour une idiote
Elle a j’té tous les jouets
Dans la grande poubelle de l’école
S’est assise sur le pt’it banc
La tête dans ses mains
Presque 60 balais c pas vieux
Qu’est-ce qu’elle va faire de tous ses dessins à la con
De ses pinceaux et de ses pots de colle
C’est toute sa vie et sa passion qu’il y avait dedans
Elle r’voit tous ces bons moments
Et tout l’bordel que faisaient les gosses
Elle Y r’pense à son attitude
Qui voulait que ça soit la bonne posture
Ça a foiré pour elle
Sans regrets sans pitié
ils l’ont virée c’est tout
Où c’est qu’t’as vu un bon Dieu
Qui fait des miracles
Qui te fait réussir tout ce que t’as raté
Qui revient en arrière qui répare ce qui est cassé ?
Alors oui le BAFA le BEPJEPS et toutes ces conneries
Faudra repasser par la case départ
Pourquoi tu sais pas tourner la page
V’la que maintenant tu vas chez le psy
“Salut pauv’ vioque
Tu s’ras toujours une vioque
Eh ben tu vois les autres ils réussissent
Aujourd’hui t’en es arrivée que t’as tout raté
Pas fini de se dire que demain ça ira mieux
Qu’est-ce qu’elle va faire de tous ces tableaux ?
D’son bateau en bois et de ses bouquins
C’est toute sa passion qu’il y avait dans ses sacs de chez ACTION
Elle va se réveiller et se regarder
Encore des refus de candidature
Pas assez qualifiée
Ca va passer
Une porte s’est fermée
Parfois la vie claque une porte, sans prévenir,
Comme un courant d’air glacial qui te dit te retourne pas
Tu restes là, devant ce portail de fer qui s’ouvrira plus plus toi
Et tu crois que c’est fini, que ça s’arrête là.
Parce que rien ne se ferme pour te punir,
Ça se ferme pour te pousser ailleurs,
Vers un endroit qui te ressemble
Vers une étincelle que t’as pas encore vu briller
Alors ouais, une porte se ferme,
Mais c’est juste la vie qui change de décor.
Et toi, t’as plus qu’à traverser le portail
Qui vient de s’ouvrir pour toi.
Merde aux décideurs et merde aux faux culs
Je me dis en jetant mes affaires
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Un texte poignant malheureusement tellement d’actualité !
Ce texte puissant dit la vérité crue du chômage des seniors, mais refuse le misérabilisme pour célébrer, malgré la douleur, la force vitale du recommencement.
Est-ce une animatrice ou une institutrice ?
Le récit dépeint bien le portrait d’une femme d’une soixante d’années, brutalement licenciée ou exclue du monde de l’animation et de l’enfance (« les jouets », « le BAFA »). À travers un langage familier et sans filtre, ton poème (?) explore la violence du rejet social et la reconstruction de soi.
Le geste de jeter les outils de son travail (« pinceaux », « pots de colle », « sacs de chez ACTION ») symbolise l’anéantissement d’une vie de passion.
Le motif du licenciement n’est pas clair, mais quoi qu’il soit il n’est pas humain de briser toute une vie. Chacun a droit à une rédemption…
Beau texte sur un enseignant ou un éducateur qui a “dérapé”. Ce sujet m’est familier. Le métier est ingrat et la hiérarchie n’est pas reconnaissante quand elle n’est tout simplement pas absente….
merci pour vos écrits , oui ce texte est un vécu certes , animatrice périscolaire , le motif de mon non renouvellement de contrat manque de “posture” situation difficile a accepter , dépression car j’aimais mon métier
Un texte qui, je crois, m’en rappelle un autre publié récemment et pour lequel j’avais fait ce commentaire que je ne peux que renouveler :
In : https://oasisdepoesie.org/textes-dauteurs/poemes/annie/je-me-rappelles-pas-mais-on-maccuse/
Je comprends le contexte, il me semble : un licenciement qui laisse l’auteure dans une grande détresse et une grande tristesse car elle ne peut plus approcher nos chères petites têtes blondes.
Mais à la vérité, je n’en comprends pas le motif véritable et encore moins l’allusion à la CAF.
Peut-être faudrait-il un peu plus lever le voile pour que ce texte me parle davantage.
Celui-ci reste poignant avec ses mots simples, ses mots crus qui le rendent tellement vrai.
Mais il semble tout de même qu’avec cette page qui se tourne une nouvelle porte (un nouveau portail) s’ouvre vers de nouveaux horizons.
C’est en tout cas ce que je souhaite à l’auteure.
Et tout l’bordel que faisait les gosses –> que faisaient les gosses
Une porte c’est fermé –> Une porte s’est fermée (il me semble)
Sur un registre plus technique, je dois dire que tous les jours se plaident des licenciements abusifs et que, si c’est le cas, il ne faut pas hésiter à demander réparation.