Ô sinistre mère, ô sordide existence, ô toi, juchée depuis la céleste maison ! Voilà qu’ayant renié ton essence, tu apparais désormais comme le funeste serment de l’infidélité. À l’autel de tes machinations, où se composent les notes d’une sinistre invocation, jamais cette enfant n’aurait dû devenir le fruit d’un ultime sacrifice.
Cancer ! Voilà que ton calamiteux sortilège se dérobe sous la médisance du silence, insufflant une trêve sépulcrale qui feint de masquer le désespoir. À l’aurore du solstice, lorsque la morbide lueur effleure l’horizon, l’existence tout entière semble s’incliner devant l’approche de l’Hérédite.
Au chevet du jeune malade se tient l’envoyé d’une digne cour : une mystique sentinelle aux ailes d’argent, et à la couronne d’olivier. Descendu du firmament, il demeure l’adepte de l’ultime Messie à la blouse blanche, missionné pour réconcilier le malheureux, affaissé sur son linceul de coton et plongé dans un infini songe.
Le cancer, un mot qui fait encore peur malgré que la médecine ait fait d’énormes progrès dans le traitement “des cancers”.
C’est déjà un drame quand il touche un adulte, mais on atteint le summum de l’horreur quand il touche un enfant. L’enfance n’est-elle pas le symbole d’une vie naissante ?
En mêlant le registre tragique et le lyrisme, ton texte, Lucas, parvient à sublimer l’horreur de la maladie. Il transforme l’agonie d’un enfant en un drame cosmique où la médecine moderne revêt les habits du sacré pour offrir une ultime dignité face à la mort.
J’avoue que ce texte, qui doit être particulièrement sensible pour l’auteur, me reste particulièrement opaque.
Dommage pour moi !