Temps malade
temps qui s’échappe
d’un boulier rendu malade
forcé de plaire
aux velours des songes
asticot sans espoir
ni but
ni motivation
roulé dans la farine
des dogmes brisés
chaque train
que l’on emprunte
se taille un vaisseau
de chair restituée
illettrisme
du sens
qui s’envole
s’étiolant
au vent sec
des grands pins
remise des pendules
aux demi-heures
sans émettre de lumière
sur mon rituel

Je dois dire que ce texte me laisse perplexe.
Nous avons déjà parlé d’écriture “automatique” ou “pulsionnelle” qui peut parfois donner le meilleur, un peu comme chez certains artistes peintres.
J’ai déjà exprimé que j’aimais bien, mais avec modération, à petites doses. Et c’est vrai que là, le texte me laisse un peu imperméable.
Par exemple, je pense que la strophe suivante a du sens pour l’auteur et qu’y résonne une sorte de vécu pour lui :
illettrisme
du sens
qui s’envole
s’étiolant
au vent sec
des grands pins
Quant à moi, je dois dire que cela ne m’évoque rien, mais je suis sûr que d’autres viendront qui me toucheront davantage.
J’ai bien aimé l’idée de ces pendules qui se remettent aux demi-heures !
Merci pour votre retour, Hermano.
J’écris davantage dans la matière que dans l’évocation immédiate, alors je comprends que ça puisse glisser entre certaines mailles.
Merci de persister à me lire malgré tout. 😉
J’avoue que comme Hermano ce texte me laisse perplexe !
Mais je ne suis pas contre une certaine forme d’absurdité, il en sort parfois des vérités.
Aussi, c’est pour cela pour coller à l’idée sous-jacente de ce poème que je propose un commentaire volontairement absurde.
Ah, “Temps malade”, quelle introspection poétique sur l’absurdité de notre rapport au temps ! On pourrait presque croire que ce boulier est un patient dans une salle d’attente, attendant désespérément qu’on lui donne un sens à sa vie… ou peut-être juste un bon diagnostic.
L’image de l’asticot, ah là là ! Un peu comme nous, parfois : on se roule dans la farine des dogmes brisés, mais sans vraiment savoir pourquoi. On pourrait dire que c’est la recette parfaite pour un gâteau du désespoir !
Et puis, ces trains qui se taillent des vaisseaux de chair restituée, on espère ne pas être trop en retard pour monter à bord, sinon, c’est le coup de la panne sèche — et pas juste de l’essence !
Quant à la remise des pendules, quel audacieux défi ! Remettre la montre sur demi-heures, c’est un peu comme vouloir cuire un œuf sans casser la coquille : complètement fou, mais tellement drôle à imaginer. Alors, à quand le prochain voyage dans l’univers des minutes folles ?
Tu sais Loki, ici au Québec, le patient du boulier aurait eu le temps de mourir trois fois, ressusciter deux, et se refaire rouler dans la farine avant qu’on lui donne un diagnostic.