Un doux soir de décembre, tout juste après Noël
Assis sur une plage, les pieds dans l’eau, rêveur
J’admirais les étoiles plonger dans le lagon.
J’étais seul sur le sable, les autres étaient couchés,
Sagement endormis au milieu de l’îlot.
Je fus soudainement tiré de ma torpeur
Par un son mélodieux, une voix cristalline
Appelant mon prénom, je regardais vers l’eau
Mon cœur ne fit qu’un bond, à deux pas devant moi
Allongée dans le noir, la tête hors de l’eau
Je vis une sirène, belle, éblouissante,
Des cheveux noirs brillants aux reflets d’océan
Des yeux phosphorescents d’une douce lueur.
Je lui dis qui es tu, comment sais tu mon nom ?
Elle sourit et dit, je te connais Charlie
Chaque fois que tu viens je suis auprès de toi
Je ne suis jamais loin quand vous partez plonger
J’escorte ton voilier quand vous rentrez au port
Je connais ton amie, la fille aux cheveux roux
Je ne suis pas jalouse, mais je t’aime, c’est tout,
Je suis une Sirène, amoureuse de toi.
Elle monta sur le sable, et s’assit près de moi.
Comment t’appelles tu ? Je me nomme Lagune
Elle me prit la main, sa peau douce et chaude
Frôla juste la mienne, je ressentis alors
Un bien être inouï, un bonheur prodigieux.
Que me veux tu Lagune, que fais tu là ce soir ?
Je suis venue t’aimer, m’accoupler avec toi
Je la dévisageais, la lune l’illuminait
Ses yeux avaient changé, ils étaient bleu marine
Sa peau blanche et nacrée irisait dans la nuit
Deux petits coquillages revêtaient ses tétons
La lune éclairait ses beaux seins blancs et ronds
Puis ses lèvres corail s’approchèrent des miennes.
Son baiser fut très doux, tendre et langoureux,
Elle m’enlaça tout doux de ses bras souples et chauds
Bêtement je lui dit, Lagune, tu as un sexe ?
Elle éclata de rire, écarte mes écailles…
Je découvris alors son doux sexe de fille
Secrètement caché sous ses écailles bleues
Tiède et palpitant qui m’expédia au ciel.
Je ne veux raconter cette nuit merveilleuse
Qui brûla mon esprit et incendia mon corps
Mon cœur bouleversé avait demandé grâce.
Elle l’avait brisé, pourrais je encore aimer ?
Pourrais je encore un jour éprouver de l’amour ?
Elle me regarda de ses grands yeux marine
Mais son regards changea, passant de bleu à gris,
Elle était malheureuse, peinée et chagrinée,
Mon cher amour humain j’en ai le cœur brisé
On ne se verra plus je dois te protéger
Un humain amoureux ne peut plus rencontrer
La Sirène de son cœur, ta vie ne serait plus
Que tristesse et chagrin, peine et mélancolie.
Tous les tourments du monde déferleraient sur toi.
Au revoir mon Charlie, mais surtout souviens toi,
D’ici peu tu verras nager dans le lagon
Une petite sirène qui nous ressemblera
Adieu donc mon amour, merci pour ce cadeau.
Le cœur brisé la vis s’en retourner dans l’eau
S’enfonça dans la nuit, puis se tourna vers moi
Au fait mon cher amour, elle s’appellera Charlie
Puis à jamais mon cœur plongea dans le lagon.


Bonjour Claude Lougarou, merci pour cette ode à l’amour sans lendemain. La montée en puissance de la sensualité est bien menée. Le thème de la mer est associé à la féminité et à la profondeur des sentiments. La sirène est la femme inaccessible que l’on n’en revient pas d’avoir aimé.
Décidément ClaudeLougarou tu développes une obsession pour les sirènes !
Certes j’apprécie comme BARLOY cette ode à l’amour sans lendemain, mais étant d’humeur taquine je ferais un commentaire humoristique sur cette rencontre.
Je propose le titre suivant « Amour, coquillages et révision anatomique »
Cette poésie développe une romance tropicale fascinante qui bouscule toutes nos connaissances en biologie marine !
On y apprend notamment que la séduction sous les tropiques ne s’embarrasse pas de préambules : Lagune passe du “je t’aime” au “je suis venue m’accoupler” en moins de cinq vers, le tout avec une efficacité épistolaire redoutable. Mention spéciale pour le tutoriel d’utilisation — “écarte mes écailles” —, qui résout enfin le plus grand mystère anatomique de la mythologie depuis l’Antiquité.
Une histoire d’amour express, passionnée et légèrement surréaliste, qui prouve qu’un simple bain de minuit après Noël peut vite se transformer en garde alternée interespèces !
Barloy, merci pour ton commentaire, l’amour des Sirènes est destructeur et tout le monde n’est pas Ulysse. C’est une histoire d’amour irréelle et bien sur sensuelle, si les Sirènes n’existent, à priori pas, une histoire d’amour virtuelle avec l’une d’elle nous emporte vers un autre monde, fantastique et érotique. Le mystère enfin résolu…les sirènes ont bien un sexe.
Loki, merci pour ton retour, mais tu es trop cartésien, place à l’imaginaire. Lagune, très belle Sirène, vient en effet pour s’accoupler, pour avoir un bébé Sirène avec l’élu de son cœur, en fait toutes les espèces terrestres ou marines procèdent de même, même si elles n’en sont pas toujours conscientes. Il est vrai que je suis fasciné par les Sirènes, créatures belles ou très laides suivant le narratif, j’ai choisi “belles”. J’ai trouvé que le fait “d’écarter les écailles” avait quelque chose de délicat et de sensuel et en effet apportait une réponse à la question, “les Sirènes ont elles un sexe”. Malheureusement, je n’ai pas encore rencontré notre bébé Sirène dans le lagon…un jour peut être.