Dans une grande ville vivaient des êtres étranges que l’on ne connaissait point
chacun avait son rôle propre et son costume de scène
La Raison, vivait dans son coin elle causait peu et s’en portait pas plus mal
Quelques fois valait mieux plutôt que d’endosser toutes les responsabilités , y en avait trop et on s’y perdait à les voir courir partout…
La Prudence,
Suivait son instinct sans trop se méfier mais elle vivait sûrement et ne se posait pas trop de questions
La Conscience avait deux voix la bonne et la mauvaise
mais elle ne s’interrogeait guère et vivait entourée de ses semblables le bon sens et le choix qui chuchotaient derrière les portes en causant tout bas
On entendait chut tais toi! C’est pas sa faute ! Moi je te dis que si …et puis silence
La Réflexion, assise sur son grand fauteuil posait ses deux mains sur ses genoux et ne disait rien sans parole quasi muette
Le Bon Sens, se faisait voir partout et causait avec tout le monde même l’intelligence qui
qui le comblait avec ses grandes idées et la logique imparable prête à toute épreuve sa grande admiratrice
L’envie regardait la jeunesse d’un œil triste pleurait et se lamentait sur son sort quand elle croisait la beauté et la richesse pourquoi elles et pas moi !
Le Savoir, lui procurait du réconfort en lisant de belles œuvres bien écrites mais elle ne retenait pas grand chose de la leçon même l’exigence en perdait son latin et avait finit par renoncer
La Politesse, faisait sa tâche avec la courtoisie sans plus juste ce qu’il faut
L’Inquiétude, se cherchait et se cachait où elle pouvait afin de ne rien laisser supposer face à son contraire l’assurance qui tentait par tous les moyens de l’encourager
Le Contraire, refusait tout en bloc et sans chercher à comprendre le pourquoi du comment cela l’arrangeait et il était très bien ainsi
sa vie lui convenait il se plaisait à contredire a réfuter et à se confondre en arguments bien fondés qu’il ne cédera jamais !
Sa position était claire soit coupable soit innocent ! Soit mensonge ou vérité ! Il savait trancher net !
L’Acharnement, se battait envers et contre tous sans jamais gagner la bataille contre ses adversaires bien déterminés à le lapider
Il faisait preuve de créativité d’intuition d’initiative mais personne n’y portait attention
La Modestie, se pavanait simplement avec tout ce qu’on sait d’elle et s’affichait telle qu’elle est sans fioritures
La Rancune, vivait dans sa chaumière et grognait en sourdine une vengeance secrète qu’elle préparait
Dans sa marmite qui mijotait sur Son grand piano en fonte
Le Jugement, s’accordait des délais supplémentaires dans sa robe noire et ne compatissait jamais
Des reports d’audience et des documents qui se mélangeaient il attendait de voir les faits assisté de ses deux amies la lenteur et la patience qui lui souriaient
L’Erreur, ne se remettait pas en question et restait toujours chez elle sans se montrer aux autres a cause de la honte qui dormait dans un grand trou
Et puis il y avait la Maline, et son visage d’enfant qui contournait tous les obstacles et qui se frayait un chemin elle savait avait tourner et retourner toutes les situations à son avantage et on connaissait ses dons de manipulatrice
Les Sentiments, toujours présents et bien entourés eux se mêlaient les uns aux autres et se perdaient dans les méandres des souvenirs
Un jour, un conflit éclata
la Maline et la Futée se crêpèrent le chignon
La Maline, sûre d’elle, cria :
« je suis bien habillée et c’est moi qui va plaire laisse moi passer je vais signer moi!!!
La Futée répondit avec courtoisie :
« Peut‑être… tu as bien de la chance on t’as engagée
La Rancune souffla à la Maline :
« te laisse pas faire attaque les !
L’Acharnement ajouta :
« Continue, Et prouve leur que tu as raison
Alors la Maline se faufila dans la,file d’attente et passa devant tout le monde
L’Inquiétude resta de marbre
le Regret s’effaça , le Jugement punit et sanctionna la Futée sans écouter
Mais rédiger sur son grand livre de vérité toutes les calomnies possibles
Elle avait bien pris soin d’accuser et de mentionner ce qu’elle aimait le plus !
Mais la Bienveillance intervint :
« Regardons les choses avec empathie. »
La Bienséance ajouta :
« Agissons avec respect. »
La Courtoisie salua les deux adversaires :
« Il y a une manière élégante de résoudre cela. »
La Réflexion parla enfin :
« Avant de juger, pensons. »
Le Bon Sens conclut :
« Une signature partagée vaut mieux qu’un vaurien au piquet
La Maline, n´oublia pas cet affront et refusa de se résigner
Elle se retira comme une âme blessée
« J’ai pas dit mon dernier mot et je me vengerai
La Futée sourit :
« Voilà moi de toute façon je n’ai pas à me plaindre j’ai gardé mon travail et j’en suis ravie
L’année prochaine je serai là
Et les Sentiments, tournaient dans tous les sens
La morale de cette histoire c’est qu’il n’y a pas de bonne et de mauvaise justice il y a surtout les privilèges et la reconnaissance
Que certains n’ont pas
Quand la réflexion guide les sentiments, le bon sens triomphe toujours

