Le coude, ce héros
(Héros auto-proclamé)

Utile.
Il le sait. Trop.
Et s’en vante à tout vent.
Le praticro-pratique,
force est de constater –
il n’en a jamais franchi le seuil.

Armé
d’un seul pli,
sans mystère.
Bien peu articulé,
pourtant nommé articulation.
Plier, déplier, plier –
en dehors de cela,
il ne sait que faire.

Chaud ?
Humide ?
Enveloppant ?
Il n’en est rien.
Faire cracher la plume,
y parvient-il ?
Rarement.
Jamais pour émouvoir.

Puis la vulve —
à peine lue,
possède le don
de faire battre les cœurs,
d’ériger les piliers du temple.

Il n’en est même pas le reflet,
tout juste son angle mort.

Refusant de s’incliner devant elle,
il se dresse plutôt —
beaucoup trop fier.

Les rares fois où il est nommé,
ça n’émeut personne,
pas même les enfants de cours d’école.
Il n’est ni zizi, ni foufounes, ni pet.

Bien sûr,
il se régale à la regarder…
de haut.
Si bien positionné soit-il.
(Et c’est bien la seule jouissance
qu’il a réussi à se bricoler
après tant d’acharnement.)

Il cogne aussi,
croit-il.
Comme elle ?
Mais non —
il SE cogne,
dans sa maladresse légendaire,
plutôt sur un coin de meuble ou un cadre de porte.
Il n’en jouit pas. Le meuble non plus.
Et pourtant, il persiste — aussi ridicule soit-il.

Trop d’encre versée,
pour un banal coude.