(tiré du cycle « Anatomie phonétique »)

 

D

comme le dicton
ou le dogme
déboulonné
vidé
débité
rejeté —
dans la douve

comme le dard
fièrement dressé
défiant la dureté
de l’ardoise
jusqu’à s’édenter
sur le dos de l’indifférence
digérant difficilement
la défaite

comme le doigté défaillant
d’une ardeur adolescente
dansant sur l’illusion
de dompter ses déboires
décorant ses doutes
d’une mode sans code

comme l’odeur de déjection
d’une ode dégradée, dégradante
d’une absurdité édifiée, adulée
ou d’une dévotion du dimanche
adossée, endormie sur le divan
d’un vieux dépotoir défiguré

comme une hésitation
trop sûre d’elle
ou une domination
ne sachant plus dominer
même le duvet d’un désir

désir endetté
drogué
déchu