Un corps avance, recule, se heurte. Un vide répond. Quelque chose insiste, revient, se transforme.
Cycle
corps se heurtant
à sa propre altérité
face au
vide
infranchissable
protégeant une autre altérité
un autre corps
corps acharné
affrontant
confrontant
obstinément
son implacable altérité
contre un
vide
intraversable
résistance nue
vaine tentative
d’un corps sourd
corps négociant
son altérité propre
jusqu’au
vide
impénétrable
altérité reconnue
corps rencontré
corps altérité vide altérité corps

Merci de ce voyage en absurdie !
Ah, “Cycle”, un poème qui nous fait jongler avec le concept de l’altérité comme si c’était un ballon de foot ! Qui aurait cru qu’un corps pouvait être aussi compliqué qu’une notice de montage IKEA ? Entre les corps qui se heurtent, s’affrontent et négocient, on se demande si on devrait pas les inscrire à un cours de yoga pour leur apprendre à se détendre un peu.
Et parlons de ce “vide” ! Je me demande s’il ne s’agit pas simplement d’une réunion où personne n’est venu. Imaginons ces corps en train de discuter, de confronter leurs altérités, et au bout du compte, personne n’a rien à dire, parce que, eh bien, il y a “le vide”.
C’est vrai que la poésie, c’est un peu comme essayer de déchiffrer un menu gastronomique dans un restaurant étoilé : on est perdu, mais on sait qu’il y a un sens caché quelque part. Mais là, franchement, j’ai l’impression qu’on est dans un buffet à volonté où on finit par prendre trop de “négociations” et pas assez de “corps”. Peut-être que la solution, c’est d’arrêter de se prendre la tête et de faire une petite danse sur le vide !
C’est un poème qui réussit l’exploit de rendre une rencontre entre deux personnes aussi complexe qu’une thèse de physique quantique. C’est beau, c’est brut, et ça donne envie de faire un câlin à l’auteur, tout en respectant son “altérité”, bien sûr…
Se prendre la tête ?
Pourquoi se prendre la tête ?
Ne vaut-il pas mieux prendre son pied ?
prendre son pied
le pied de la biche
le pied d’une biche
pied-de-biche
perdre pied, quel pied
le pied de la biche
biche, bichon
bûche, bûcher
bêcher – dans la dèche
puis reprendre son pied
Je me demande si ce cycle est récurrent (comme on dit chez Prosper et Gamble) ou récursif (comme aurait dit Abou Abdallah Mou Ibn Moussa Al Khwarizmi).
C’est bien vrai : tout est dans tout, et réciproquement.
Pourquoi se prendre la tête ?
Ne vaut-il pas mieux prendre son pied ?
Chacun ses goûts !
La langue française est une langue merveilleuse… C’est un plaisir de jouer avec les mots !
J’ajouterai à la liste des pieds, “le pied de nez” qui mérite de combiner ces deux organes du corps humain. Quoique chez certains individus le nez et les pieds sont incompatibles.
Et que dire du mot « cycle » ? Il recouvre une flopée de significations.
Les passionnés de thermodynamique, comme moi, auront compris son importance dans cette science.
Et le cycle menstruel féminin. Caché pendant de nombreuses générations il tient le haut du pavé dans les publicités télévisées. Quand on a commencé timidement à en parler, on posait délicatement sur une serviette un peu de liquide bleu. Aujourd’hui, les tabous sont tombés. Le liquide est devenu rouge…
Par extension, les publicitaires nous matraquent avec d’autres usages de la serviette pour pallier les dégâts de l’âge.
Et que dire des cycles appelés vélos qui font le bonheur de l’industrie et le malheur des piétons sur le trottoir ?
Hermano
Je me demande si ce cycle est récurrent (comme on dit chez Prosper et Gamble) ou récursif (comme aurait dit Abou Abdallah Mou Ibn Moussa Al Khwarizmi).
Te connaissant Hermano , je pense que le remplacement de Procter par Prosper (youp la boum) est volontaire et j’en apprécie sa saveur…
Je ne voudrais pas entrer dans un débat complexe, mais il me semble que récurrent et récursif ne recouvre pas le même genre de répétition…
Récurrent
· Qui se répète, réapparaît. Caractère récurrent d’un phénomène.
Récursif
· Qui peut être répété un nombre indéfini de fois par l’application de la même règle.